Quels sont les réels besoins d’eau chaude sanitaire en Ehpad ? Pour tenter de répondre à cette question, GRDF a missionné le Costic.

Le Costic a pu recueillir des relevés de consommation pour 77 maisons de retraite. Il disposait également des données de 6 Ehpad télésuivis. L’analyse de ces données donne plus de renseignements sur les profils horaire, journalier, hebdomadaire et mensuel des établissements de santé.

Profils horaires moyens

Dans un Ehpad, tous les jours de la semaine sont identiques et on distingue 3 pics de puisage :

1er pic le matin vers 8h-10h lié aux soins d’hygiène corporelle et à la préparation des repas. En général, c’est cette pointe qui prédomine sur les deux autres.

2e pic vers 13h lié au lavage de la vaisselle. Cependant, ce pic n’est visible que pour les établissements où les lave-vaisselles sont alimentés en ECS. S’ils sont alimentés en eau froide sanitaire, ce 2e pic est inexistant.

3e pic le soir vers 18-19h lié au lavage de la vaisselle et aux soins corporels.

Durant la nuit, entre 21h et 6h du matin, il n’y a généralement aucun soutirage contrairement à ce que l’on observe en habitat collectif.

Profils hebdomadaires moyens

Comme on pouvait s’en douter, on observe très souvent une diminution des consommations d’eau chaude sanitaire les weekends. Cette diminution est sans doute causée par un plus faible nombre de douche comme l’effectif soignant est réduit.

Profils mensuels

On observe une légère variation des besoins ECS à 40 °C au fil des mois en Ehpad. Celle-ci est cependant plus faible que celle observée sur les autres bâtiments de santé.
Les fluctuations observées sont probablement liées aux variations du nombre de résidents. Mais ce nombre varie moins que dans d’autres types de bâtiment. Dans certains établissements, les besoins sont plus faibles en juillet et en août. Le nombre de douches doit en effet être restreint compte tenu de l’effectif de personnel soignant plus faible.

Pointe 10 minutes

Dans les cinq Ehpad instrumentés, les besoins de pointe 10 minutes sont inférieurs à 8 litres d’ECS à 40 °C par lit. Cette valeur est bien inférieure à celle rencontrée en logement collectif comme l’illustre la figure 1.

Ces pointes sont cependant importantes et peuvent représenter jusqu’à 20 % des besoins moyens journaliers d’un Ehpad.

Enfin, l’heure de ces pointes est très variable d’un établissement à l’autre :

9h : heure des soins dans un Ehpad sans restauration.

11h50, 13h30 heure de cuisine ou éventuellement de buanderie dans d’autres Ehpad avec restaurant.

15h30 (chasse du ballon de stockage ?), 8h40 (soins corporels ?), 12h30 (besoin de cuisine ?) dans les trois hôpitaux.

7h50, 8h et 18h30 dans les foyers.

Besoin moyen journalier

Les besoins journaliers moyens sur une année, observés dans 65 Ehpad sont compris entre 10 et 95 litres à 40 °C par lit. Ils varient selon les usages de l’ECS présents dans l’établissement :

10 à 20 litres à 40 °C par jour et par lit pour un Ehpad sans lingerie et sans cuisine.

40 à 95 litres à 40 °C par jour et par lit pour un Ehpad possédant une cuisine préparant les repas sur place, des machines de lavage de vaisselle alimentées en ECS et une lingerie avec des laveuses essoreuses raccordées en ECS aussi.

La cuisine avec préparation des repas sur place et le lavage de la vaisselle est l’usage le plus consommateur.

Cette valeur dépend des soins d’hygiène corporelle apportés qui sont variables selon les Ehpad (deux douches par semaine, une douche toutes les deux semaines, …) mais pas seulement. Elle dépend également de la présence ou non d’autres usages de l’eau chaude :

La cuisine qui peut également desservir d’autres bâtiments (école, hôpital, …) ou être seulement en liaison froide.

La buanderie (le linge plat étant souvent externalisé).

La décomposition des consommations de l’Ehpad d’Orléans montre également l’importance de la cuisine. Pour le jour représenté ci-dessous (journée moyenne de la période de suivi), la cuisine constituait 60% des besoins de l’Ehpad et influait fortement les pointes horaires.

La buanderie (14 % des consommation ce jour là) vient elle aussi augmenter la pointe de 13h. Elle correspond à des séquences courtes de soutirage (1 à 3 minutes) mais à des débits très élevés (max : 78 litres par minutes à 40°C sur la période de suivi).

Pour illustrer encore le poids des postes cuisine et lingerie dans les consommations d’un Ehpad nous pourrions citer ces trois valeurs de besoin journalier moyen :

16 litres/lit pour un Ehpad  sans cuisine et sans lingerie, équipé de limiteurs de débit,

70 litres/lit pour un autre Ehpad  avec une cuisine desservant seulement cet établissement et une laverie assurant le service pour tout le linge exceptés les draps. Les machines pour le lavage de la vaisselle et du linge étant alimentées en ECS.

50 litres/lit pour un autre Ehpad  avec une cuisine desservant seulement cet établissement et une laverie assurant le service pour tout le linge exceptés les draps. Seules les machines pour le lavage du linge sont alimentées en ECS.

Enfin on note également une assez faible disparité du besoin moyen journalier dans un Ehpad autour de sa valeur moyenne. Tous les jours se ressemble en quelque sorte dans un Ehpad comme l’illustre la figure 2.

Conclusion

Cette étude a permis d’améliorer la connaissance du besoin ECS sur le secteur de la santé mais a également mis en évidence une forte disparité d’un établissement à l’autre.

La présence ou non d’une cuisine, préparant ou non les repas sur place, la présence d’une laverie, l’alimentation des appareils en

ECS ou simplement en eau froide, font en effet grandement varier les besoins.

Seul un questionnement fin du MOA pourra donc bien orienter le bureau d’études dans la conception de son installation.

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