Avenir du double flux, obligation de résultats… Le Directeur stratégie, communication et expérience client d’Aldes, Marc Brevière nous dit tout (ou presque)

Vous êtes le leader de la ventilation en France, sentez-vous que la Covid et le confinement ont boosté le marché de la ventilation ?

Nous avons rassemblé les études des universités de Copenhague, Shanghai et San Francisco pour mesurer l’effet de la ventilation sur la propagation de la Covid. Conclusion : un air ventilé et traité réduit jusqu’à 10 fois sa propagation. L’intérêt de la ventilation est donc plus que jamais évident. Néanmoins l’impact sur le marché de la ventilation ne se fera pas du jour au lendemain. Si dès à présent les ménages portent plus d’attention à l’air intérieur, cela se ressentira à moyen terme sur le marché de la ventilation. Nous sommes sur des cycles longs.

Croyez-vous encore au marché de la VMC double flux en France ? L’arrivée d’une prime pour cet équipement a-t-elle fait bouger les lignes ? 

Le marché du double flux évolue encore doucement en France mais nous y croyons et d’ailleurs nous constatons qu’il se met enfin à progresser. Nous ne ressentons pas encore l’effet de la prime double flux mais l’impact sur le marché arrivera l’année prochaine et ne sera pas négligeable. Nous tablons en 2021 sur une augmentation de 20 % du marché de la VMC double flux. Preuve que notre foi en l’équipement est grande, nous lançons mondialement un élargissement de notre gamme avec une solution avec piquage sur le dessus pour installation en buanderie ou dans l’entrée. Équipée de filtres pollen, COV et bactéries interchangeables, cette nouvelle version de notre double flux disposera également d’un mode radon permettant de mettre la maison en légère surpression.

Selon vous la France ne restera donc plus pour longtemps ce « village Gaulois de la simple flux » ?

La VMC double flux pénètre très largement tous les marchés européens. Elle est la solution de ventilation numéro un en Allemagne et au Danemark. La France ne peut pas éternellement rester un village gaulois de la ventilation simple flux telle que nous la connaissons,  uniquement.

Mais que répondez-vous à ceux qui soutiennent que si le marché Français est dominé par l’hygro B c’est la faute à Aldes ?

Je leur réponds tout simplement : pourquoi alors investissons-nous autant dans le double flux ? L’hygro B est certes une technologie inventée par Aldes et donc historique pour notre groupe mais nous savons évidemment que la demande n’est pas monolithe pour garantir un meilleur rapport QAI / Performance énergétique.

Entre une VMC simple flux qui coûte entre quelques dizaines d’euros et 1 000 euros et une VMC double flux qui dépasse directement les 6000 euros, il y a de la place pour d’autres technologies. N’y a-t-il pas un vide à combler, par exemple avec des systèmes à insufflation ?

Il y a de toutes évidence de la place pour d’autres systèmes, c’est pourquoi nous explorons différentes pistes alternatives. Mais pour l’heure nous n’avons pas trouvé de solution à la hauteur de nos niveaux d’exigence.

Pensez-vous qu’il faut, pour garantir un air de qualité, revoir les débits imposés par le cadre réglementaire ?

La qualité de l’air intérieur ne se limite pas aux débits. Chez Aldes, nous poussons pour une obligation de résultats. Il va d’ores et déjà y avoir une obligation de contrôle des installations à la livraison et c’est très bien. Il faut désormais se pencher sur une garantie dans le temps. Pour cela il faut définir un indice de qualité d’air qui ne peut pas se limiter au taux de CO2 mais qui prend également en compte les particules fines et les COV.

Cette idée de garantie de résultats  dans le temps vous conduit-elle à réfléchir à une offre de location d’air intérieur de qualité plutôt qu’à la vente d’une ventilation ?

C’est une excellente idée mais cela n’est pas encore à l’ordre du jour. Nous devons monter en puissance en insistant sur la qualité de l’air intérieur associée avec la santé et le bien-être dans tous les lieux de vie. Notre volonté est avant tout de porter et proposer des solutions de ventilation adaptées qui s’intègreront au plan de rénovation énergétique.

N’est-il pas regrettable que la RE2020 ne donne pas une plus grande place à la qualité d’air intérieur ?

Certains regrettent que la RE2020 n’impose pas la VMC double flux, mais on ne peut pas demander à une réglementation environnementale d’imposer une technologie. La RE2020 est une première haie à franchir mais il ne faut pas tout attendre de la réglementation. Ce n’est pas l’État mais les Français qui vont acheter nos produits.

Au-delà de nos frontières, comment les choses évoluent à l’international pour Aldes ?

Sur le marché chinois, où la qualité de l’air intérieur prime sur la thermique, nous connaissons une croissance de 40 % de notre chiffre d’affaires cette année. 10 % des logements chinois seulement sont ventilés, le potentiel est donc gigantesque et, à terme, le marché chinois pèsera inévitablement plus que le marché français pour Aldes.

Nous prévoyons également une croissance très forte en Amérique du Nord car les USA vont rentrer dans une phase d’étanchéification des bâtiments, quel que soit le président élu, qui va conduire le marché américain de la ventilation à  augmenter fortement.

">