Pour climatiser les locaux techniques des stations du métro marseillais, l'entreprise Maintenance Climatique a dû installer des DRV dans... les bouches d'aération du métro ! Une installation nocturne qui plus est, pour ne pas perturber le fonctionnement des transports en commun de la ville.

Quand vous prenez le métro, vous n'imaginez pas forcément que nombreuses sont les personnes à travailler sous la terre. À Marseille, la Régie des transports métropolitains (RTM) a voulu veiller à leur confort, en installant un système de climatisation dans les bureaux en sous-terrain, mais également dans les locaux techniques remplis de postes informatiques permettant de faire fonctionner le métro.

« Au début, nous avions imaginé installer des splits, la manière la plus classique pour climatiser une pièce, explique Marc Rouvier, responsable technique au sein de la RTM, mais le risque était de voir des unités installées n'importe où. Nous avons donc préféré tout centraliser et avons opté pour l'installation de DRV. » L'option eau glacée a vite été écartée, faute de place. « Avec des groupes d'eau glacée, on augmentait considérablement les espaces alloués à l'extérieur. Les DRV ont cet avantage d'être compacts ». C'est l'entreprise Maintenance climatique, basée à Marseille, qui obtient le marché. Un contrat ambitieux, car la RTM prévoit d'équiper toutes ses stations de métro, mais également audacieux. Quand, comment et où installer ces DRV qui serviront pour certains uniquement à refroidir, et pour d'autres à chauffer et refroidir les locaux ?

Installation nocturne

Première difficulté pour Maintenance climatique, sur ce site du métro de Marseille, l’installation ne peut être réalisée que pendant la nuit, afin de ne pas perturber les usagers du métro. « Nous sommes obligés de travailler différemment par rapport à un chantier classique de jour, confie Laurent Pagès, en charge de l'installation. Il faut avoir tout prévu à l'avance, au risque de se retrouver bloqué pendant l'installation. Ce n'est pas comme en pleine journée, où vous pouvez aller chercher la dernière petite pièce qui manque et revenir travailler. » Heureusement pour l'équipe, qui a su être prévoyante, l'installation nocturne n'a pas été un frein à l'avancement du chantier. S'il était donc évident que la pose des DRV se déroulerait une fois le métro fermé, qu'en était-il de l'endroit exact où les installer. En sous-sol, dans une station de métro, les rares espaces disponibles sont souvent les gaines de décompression et de ventilation. C'est donc à l'intérieur de ces dernières que l'installation s'est imposée.

Gaines de décompression habitées

« Nous avons privilégié la pose des DRV dans les gaines de décompression plutôt que dans les gaines de ventilation, où une étude aéraulique est nécessaire pour s'assurer que la clim ne va pas perturber la circulation de l'air » justifie Marc Rouvier. La gaine de décompression est également plus stable, et évite tout mouvement lors du passage d'un métro dans le tunnel. Si ces DRV ont trouvé refuge dans les gaines, leur efficacité est-elle mise à mal ? « Nos produits sont destinés à être à l’air libre, analyse David Thill, responsable technique au sein de Panasonic, le fabricant des DRV choisis pour le système. Il a fallu vérifier que les contraintes n’étaient pas trop fortes. Il faut notamment faire attention que les débits d’air amenés soient corrects, qu’on ne soit pas enfermé dans une cage. L'air amené, mais également l'air rejeté doivent être correct. Ce qui arrive doit ressortir. C'est une contrainte assez forte suivant les endroits dans le métro de Marseille. Nous avons également accompagné Maintenance climatique pour contrôler les diamètres frigorifiques. » Car l'autre risque d'un chantier comme celui des stations du métro marseillais, c'est bien le chemin qu'empruntent ces tubes.

Tubes frigorifiques contrôlés

« Les tuyaux ne peuvent pas passer n'importe où, ajoute l'installateur Laurent Pagès, à cause de plusieurs normes incendie liées au fonctionnement du métro. La RTM a donc réalisé le dimensionnement, puis les équipes de Panasonic nous ont transmis leurs préconisations ». Chez Panasonic, David Thill insiste : « l'expertise a été un peu plus poussée pour ce chantier. Les longueurs des tubes doivent être précises, les diamètres de canalisations sont importants pour avoir un débit de fluide suffisant afin de garantir la puissance calculée lors du dimensionnement. Pour pérenniser le système, il faut des retours d’huile corrects. Le groupe extérieur est graissé, il faut que le compresseur soit corectement huilé. » En parlant pérennisation du système, qu'en est-il de la maintenance ? « Nous avons accès à toutes les gaines pour la maintenance des DRV, assure Marc Rouvier de la RTM. Soit nous condamnons la ventilation le temps de l’opération, soit la maintenance des équipements est réalisée pendant les coupures du métro, le plus souvent la nuit. » Le responsable technique peut d'ailleurs garder un œil sur ces installations à distance, et reçoit un mail dès qu'un défaut est repéré. « Cela nous permet d’intervenir sur site en cas de montée en température. » Pour l'instant, seulement des DRV 2 tubes ont été posés, mais un projet d'installation d'un 3 tubes, permettant de produire du chaud et du froid en simultané avec un seul réseau frigorifique est en réflexion. « Nous avons la contrainte F-Gas, qui limite la quantité des fluides présents sur site, explique Marc Rouvier. En parallèle, nous procédons au renouvellement du métro, avec une augmentation des locaux climatisés. Nous étudions donc toutes les solutions pour éviter la surchauffe dans les stations. » Une chose est sûre, maintenant, il fait frais sous le sol de Marseille !

FICHE TECHNIQUE

Bouches-du-Rhône (13)

Marseille

Équipements

DRV Ecoi Panasonic

Postes couverts

Climatisation et chauffage de locaux techniques et bureaux situés dans les stations de métro

Exploitation

Depuis 2015

Acteurs

- Maître d'ouvrage : RTM

- Installation : Maintenance Climatique

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