C'est dans un bâtiment flambant neuf à Lyon que la direction régionale d'Engie vient de faire sa rentrée. L'Urban Garden, c'est son nom, a la particularité, en plus de s'adapter aux nouveaux modes de travail tels que le flexoffice grâce à un nombre pléthorique de vannes de régulation et d'user de la chaleur solaire pour produire l'eau chaude sanitaire, de disposer d'un double numérique. Un allié de taille dès le chantier et qui s'avérera utile aussi pour la maintenance.

Cette année, la rentrée de septembre signifie pour les employés d'Engie à Lyon l'emménagement dans de nouveaux locaux, fraîchement sortis de terre en pleine pandémie du Covid-19. " Les délais de livraison se sont fortement étendus à cause de la crise sanitaire " se rappelle Frédéric Faugier, directeur de l'agence lyonnaise d'Equans, le nouveau nom d'Engie Solutions, en charge des travaux de CVC et de GTC. Si le début de l'étude remonte à janvier 2019, les 28 000 m² d'Urban Garden, dont 21 500 m² dédiés à Engie, ont été finalisés cet été, agencement compris. " Nous avons dû attendre parfois jusqu'à huit semaines pour recevoir des grilles de ventilation ! Mais cela en valait la peine, quand on voit désormais le résultat. " Si Frédéric Faugier est fier, c'est qu'Engie Solutions ne s'est rien refusé pour la construction de ce bâtiment. À tel point qu'Urban Garden a raflé les prestigieuses certifications BREEAM Excellence, Osmoz et Biodiversity.

Sous les plafonds, des vannes par millier

L'une des particularités de ce bâtiment, qui semble en faire sa force, se cache sous les faux plafonds. " Il a fallu faire du modulaire, explique Sylvain Montier, chargé d'affaires au sein d'Axima, pour s'assurer d'abord d'une flexibilité des espaces de travail mais aussi pour préserver le bâtiment le jour où Engie voudra déménager et le laisser à un nouveau preneur. " Les espaces de bureaux sont donc chauffés et rafraîchis grâce à des plafonds rayonnants quatre tubes de chez Fläkt Group, soit près de 14 500 m² de surface rayonnante. Pour garantir encore donc cette flexibilité des espaces, il n'y a pas moins de 1 200 vannes six voies de régulation qui sont posées pour gérer chacune deux trames du bâtiment. " Cela permet de modifier les positionnements des différents bureaux " explique Frédéric Faugier. Pour alimenter ces plafonds rayonnants, chaque bâtiment des cinq que compte Urban Garden dispose de deux centrales de traitement d'air dont le débit d'air est compris entre 10 et 16 000 m3 / h. " Nous avons également installé des CTA spécifiques pour la salle de fitness et la cuisine dans l'espace commun, avec des débits plus élevés " précise Sylvain Montier. Et pour ajouter une touche respectueuse à cette construction très qualitative, les CTA sont toutes alimentées par un réseau de chaleur et de froid exploité par Dalkia amené spécialement pour le projet Urban Garden et lui-même alimenté par une usine de valorisation de traitements de déchets ainsi qu'une chaufferie biomasse.

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Un openspace avec plafonds rayonnants et grilles de ventilation

D'ailleurs, pour découvrir l'aspect énergies renouvelables et de récupération du nouveau siège d'Engie à Lyon, il faut monter sur le toit et admirer les capteurs plats de solaire thermique installés en terrasse. " L'installation permet de couvrir la production d'eau chaude sanitaire sur la totalité de l'Urban Garden grâce à deux gros ballons de stockage, en plus de quelques ballons électriques installés localement " détaille Frédéric Faugier. Tant qu'à exploiter le soleil, pourquoi ne pas avoir posé des panneaux photovoltaïques ? " Cela a été envisagé, mais beaucoup trop tard. Le gros œuvre en était déjà au niveau terrasse. " Justement, sur la terrasse des bâtiments, on découvre également de très vastes locaux techniques, à en faire pâlir de jalousie certains exploitants tant il est confortable d'y circuler. " Nous avons pris nos aises, concède Sylvain Montier. Le plus dur était surtout de réaliser ce que nous avions imaginé, avec telle évacuation qui passe à tel endroit, tel équipement qui est installé à un autre. Heureusement que nous avons pu travailler avec une maquette BIM et la réalité augmentée, cela a vraiment aidé pour se représenter dans l'espace quand rien n'était encore construit. "

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Dans l'un des locaux techniques situés sur le toit du bâtiment

Installateurs du futur

Car ce sont bien la maquette BIM et la réalité augmentée qui semblent avoir épargné les équipes de CVC de plusieurs problèmes techniques. " J'avais mis à disposition des installateurs la maquette, explique Sylvain Montier. Par curiosité, ils s'en sont servis pour découvrir à quoi ressemblait sur le papier l'installation, du passage des gaines à la création des locaux techniques. C'est encore un peu contraignant, car ils doivent venir au bureau ou au mieux consulter cette maquette devant un ordinateur. Sur ce chantier, nous nous sommes donc permis de les équiper d'un casque pour que, grâce à la réalité augmentée, ils imaginent directement sur place le travail qu'ils devaient réaliser. " Un autre avantage de transformer les installateurs en Robocop a été noté sur le chantier quand les techniciens ont souhaité vérifier leur travail. " Avec la réalité augmentée, nous pouvons faire un autocontrôle en confrontant la maquette BIM à l'installation réelle. Ici, nous avons découvert et corrigé des imperfections qui auraient pu passer inaperçues, comme l'emplacement de différents réseaux ou l'accès aux centrales pour la maintenance. " Et c'est justement désormais à l'exploitant que revient la lourde tâche d'actualiser la maquette BIM. " L'outil a tout son sens s'il est entretenu par la suite. La compétence doit aussi être développée en maintenance, insiste Frédéric Faugier. Cela leur permettra de gagner du temps pour leurs interventions. À eux maintenant de faire vivre cette belle maquette et d'enfiler des lunettes de réalité augmentée ! "

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