Récemment lauréat du trophée « Start-up » sur le salon EnerJmeeting, la société Librafluides Concept – créée en avril 2017 – a développé une gamme de capteurs connectés et une plateforme Web qui permettent de faire baisser les consommations de chauffage dans les immeubles équipés d'un chauffage collectif. Son cofondateur, Julien Michet, nous en dit plus.

Comment l’idée a germé ?Nous avons constaté dans l’habitat collectif des problèmes récurrents. Même si l’isolation est bonne et que le bâtiment est performant, son exploitation est souvent délaissée et les consommations sont rarement suivies. De plus la température du chauffage collectif en copropriété dans le neuf se régule uniquement sur une température extérieure, et la régulation ne sait pas ce qu’il se passe à l’intérieur du bâtiment. Elle ne prend pas en compte l’inertie, les apports solaires ou internes. Nous avons donc réfléchi à une solution de supervision énergétique abordable et qui ne complexifie par la vie des exploitants. Notre solution va couter autour de 10 000 euros pour un collège, contre trois fois plus cher pour d’autres solutions sur le marché.Quel est la particularité de cette solution ?Souvent les interfaces sont faites par des ingénieurs pour des ingénieurs. Nous condensons les infos mois par mois de manière très intelligible pour tout le monde (syndic, chauffagiste, client final). Cela permet au chauffagiste d’avoir une visibilité sur ce qu’il se passe à l’intérieur des logements et des économies possibles. Pourquoi avoir développé vos propres capteurs ?Nous n’étions pas partis pour développer des gammes de capteurs mais il n’y avait pas de sondes assez précises à notre goût sur le marché. Nous avons donc développé nos capteurs pour maitriser les couts. Nos capteurs utilisent les protocoles ouverts LoRa – avec des ondes radio basse fréquence – très peu consommateurs d’énergie par rapport à une connexion Wi-Fi, peu adaptée à récupérer les données.Où sont installés les capteurs ?Dans la chaufferie, une carte d’acquisition est mise en place afin de récupérer des températures de fonctionnement. Un boîtier avec batterie d’une durée de vie de 5 à 8 ans est installé dans les logements pour une prise de température toutes les 5 minutes. Sur un bâtiment, nous équipons au moins 20 % des logements suivant leur orientation. D’autres capteurs permettent de connaître l’état des pompes, la pression des réseaux ou encore le niveau des cuves.Que faites-vous de toutes ces données ? En cas de dépassement des seuils, comme des températures trop basses ou trop hautes, des alertes sont envoyées aux exploitants. Aussi, nous ne remplaçons pas la régulation en place, mais nous communiquons avec le régulateur pour pouvoir modifier la courbe de chauffe à distance en fonction de ce que les capteurs relèvent. Ainsi nous sommes capables, sans modifier les équipements de chauffage, de générer 15 % d’économies sur une saison de chauffage. Avez-vous signé des contrats à ce jour ? 12 bâtiments ont été équipés entre octobre 2017 et janvier 2018, principalement des copropriétés et des collèges. Et nous avons signé un contrat avec un chauffagiste pour équiper plusieurs écoles et collèges en Ile-de-France. Avec qui imaginez-vous travailler demain ? Nous sommes en discussion avec plusieurs acteurs très intéressés par notre solution : exploitants nationaux, bureaux d’études, organismes de gestion foncière, mais pour l’heure rien n’a été signé.