Le syndicat a enquêté sur la conjoncture exceptionnelle que connaît le combustible, entre forte hausse de la demande et défaut d'approvisionnement.

Propellet lève le voile sur la tension autour du granulé

Le granulé est-il en plein burn-out ? Alors que les ventes de chaudières biomasse ont explosé en 2021, fortement incitées par les aides gouvernementales et les CEE, et que les Français semblent se tourner vers cette énergie dont les fluctuations de prix sont réputées plus stables et dont l'impact carbone est connu pour être vertueux, le granulé semble souffrir de sa récente starification. Propellet, le syndicat représentant la filière a tenu à faire le point sur la situation, pour rassurer grand public et professionnels sur le terrain.

Dans sa note de conjoncture, Propellet s'est souvenu de la fin de l'hiver 2020-2021, où les stocks de granulés étaient importants chez les producteurs européens à cause d'un hiver doux et d'une production très forte des scieries allemandes et scandinaves. Résultat, les prix ont logiquement baissé jusqu'en mai 2021 et la production de granulés a ralenti. Sauf que le marché français s'est littéralement envolé l'an dernier, boosté par des aides gouvernementales incitatives. Rappelons qu'en 2020, on comptait 14 000 chaudières granulés vendues quand, un an plus tard, le nombre est grimpé à plus de 31 000 et avec lui la demande de granulés. Une croissance exceptionnelle que nos voisins allemands ont également connu, le marché passant de 40 000 unités vendues à 80 000. Si cette forte progression a donné le sourire, et quelques sueurs, aux chaudiéristes biomasse, elle a surtout engendré une consommation supplémentaire de 300 000 tonnes de granulés, rien que pour la France.

Du granulé partout, jusque dans les centrales

Il aurait alors fallu relancer les machines pour produire des granulés, allez-vous dire ? C'était sans compter sur la hausse du prix des énergies, qui a déséquilibré les organisations. Certains pays européens utilisant le granulé ou le gaz en remplacement du charbon dans leurs centrales thermiques de production d’électricité ont privilégié le granulé comme combustible afin de réduire leurs coûts de production. Ils ont par conséquent utilisé des capacités de production de granulé qui étaient jusque-là affectées au granulé pour le chauffage. Et comme souvent, cette crise des énergies a motivé certains consommateurs à mettre de côté plus que de raison, accentuant le déséquilibre.

Surchauffe du prix

Maintenant, tout l'enjeu est de savoir comment évoluera le marché du granulé. Selon Propellet, depuis quelques mois, les industriels se sont organisés pour augmenter les capacités des usines existantes et mettre en service de nouveaux sites.Une analyse prospective du syndicat a évalué à un million de tonnes l’arrivée de capacités de production supplémentaires entre 2021 et 2023-2024, soit une augmentation de plus de 50 %. Quant au prix du granulé, si jusqu'à fin décembre 2021, les tarifs étaient équivalents à ceux connus en 2019, les perturbations détaillées plus haut entraînent une " surchauffe conjoncturelle " comme le décrit Propellet avant d'ajouter qu'il serait " présomptueux de faire des plans sur la date de fin de cette surchauffe puisqu’elle dépend
largement du contexte énergétique international. "

Les prix devraient cependant difficilement retrouver leur niveau d'avant, les coûts de production, et notamment la facture d'électricité des usines, ayant augmenté de manière considérable ces derniers mois.

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