Patrice Ruaz, nouveau directeur opérationnel chez Gree France, a confié à Génie Climatique Magazine les ambitions qu'il porte pour le développement de la marque chinoise sur le marché français.

" Notre gamme tertiaire va séduire ceux qui veillent à leur budget "

Pourquoi avoir rejoint Gree ?

J'ai travaillé pendant quinze ans pour des industriels avant de rejoindre le monde de la distribution et de développer Clim+. Nous sommes passés de 40 à 200 M€ de chiffre d'affaires, une expérience hors normes ! Et puis, j'ai eu le sentiment d'être arrivé au bout de ce que je pouvais apporter à l'enseigne. J'ai eu envie de revenir dans le milieu industriel. L'opportunité de travailler chez Gree est apparue comme une évidence. Il y a encore tout à faire sur le sol français, même si la marque est déjà bien présente en Europe, à travers l'Espagne et le Portugal notamment. Et la gamme de produits est séduisante, surtout sur la partie tertiaire avec l'eau glacée, sans oublier le CAC évidemment.

Quels produits ont particulièrement retenu votre attention ?

Il y a bien sûr le GMV6 Solar, primé à Climatizacion et à Interclima en 2019, mais également le GMV5 Home en deux tubes,  qui permet sur un DRV de faire de la détente directe et de l’eau glacée en même temps, avec en mode climatisation la production d'ECS simultanément et gratuitement comme sur un DRV 3 tubes. Les calories sont transmises en condensant le fluide dans l’échangeur du ballon d’eau chaude. L'équipement permet donc de produire de l’ECS gratuitement pendant le mode de refroidissement, en récupérant les calories par les unités intérieures dans les espaces à climatiser. Déjà à l'époque, je harcelais Christian Balmain, le directeur Europe de Gree, pour que ses produits soient référencés dans l’entreprise ou j’exerçais ! Je suis convaincu que le marché du tertiaire s'offre à des acteurs tels que Gree avec ce type de solution.

Pourquoi ?

Avec le décret tertiaire, et les obligations de résultats de réduction de consommation d'énergie, tout le monde ne pourra pas se payer la Rolls Royce du DRV ou du chiller. C'est là que nous avons une très forte opportunité, en proposant une Renault qui fonctionne très bien et qui correspond au pouvoir d'achat du marché. Notre gamme tertiaire va séduire ceux qui veillent aussi à leur budget. Je n’oublie jamais qu’au bout d’une commande il faut toujours mettre un produit avec un budget qui doit correspondre à la directive du maître d’ouvrage, sinon nous perdons l’affaire et souvent avec la meilleure solution technique qu'il ne pourra jamais s’offrir, car le budget reste le sujet le plus important pour un investisseur.

Quelles ambitions chiffrées avez-vous pour 2022 ?

Nous allons tenter de rester sur la même dynamique, à savoir une progression de 30 % sur l'année, pour atteindre 20 M€ de chiffre d'affaires à fin décembre et 50 M€ sur les trois pays qui avancent ensemble, France, Portugal et Espagne.

N'avez-vous pas peur que la conjoncture actuelle joue contre vous ?

Chez Gree, nous avons opté pour avori une année de stock à l'avance. Cela nous permet d'éviter les défauts d'approvisionnements liés à certains composants. Bien sûr, nous tempérons le frêt, le coût du transport et la hausse du prix des matières premières. Nous stabilisons les prix et ajustons au prorata pour éviter les mauvaises surprises à tout le monde.

Nous avons d'ailleurs déjà fait évoluer notre site de stockage de 11 000 m² à Clermont-l'Hérault (34). En plus d'y stocker les PAC air / eau, DRV et chillers, nous allons créer un centre de formation et un showroom sur place. Dès l'année prochaine, nous prévoyons notamment de nous rapprocher de groupements d’installateurs, Julien Martin pilotera en tant que directeur des Grands comptes, ce nouveau service pour faire vivre encore plus ce lieu sur le DRV et l’eau glacée sans oublier le CAC, la PAC et le RAC. Nos bases logistiques sont puissantes à Barcelone, il nous manquait un outil à l’identique 100 % Gree pour déployer notre stratégie opérationnelle sur le sol français, c’est désormais chose faite !

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