Pascal Housset, vice-président de l'UMGCCP et installateur en Île-de-France, estime que l'arrêté durcissant les contrôles RGE permettra une montée en compétence de la filière.

Selon un arrêté publié au Journal officiel le 5 juin 2020, les audits vont se mutiplier pour les entreprises voulant être et rester RGE à partir du 1er septembre. Ce durcissement des contrôles vous inquiète-t-il ?

Non, il fallait monter en puissance le label RGE et s’assurer de la qualité des réalisations, c'était nécessaire et incontournable pour être en phase avec la massification de la rénovation énergétique voulue par le gouvernement. Depuis plus d'un an, nous travaillons sur cette évolution. L'objectif était de trouver un juste équilibre entre le nombre d'audits et les contraintes que ce renforcement de contrôles pouvait amener au sein des entreprises. Tout n'est évidemment pas parfait avec ce texte, mais nous sommes arrivés à l'équilibre recherché.

Qui est visé par ce renforcement du RGE ? Les mauvais installateurs ?

Il n'y a pas de bons ou de mauvais installateurs. Certains font leur métier avec passion, il faut donc les encourager, et savoir les accompagner si toutefois une lacune, technique ou administrative, est observée lors d'un audit. Il y a aussi les entreprises qui se créent par opportunité de marché. Là aussi, il faut veiller à ce que le travail soit de qualité. Et forcément, il y a ces machines de guerre, qui ne sont sur le marché que de manière éphémère, qui ne proposent souvent aucune solution de maintenance, et qui, la plupart du temps, communiquent sur des appellations qu'elles n'ont pas ! Il paraissait donc important d'avoir un outil d'audits fort qui permet de montrer au client que la filière se prend en main pour faire le ménage.

Après une période compliquée pour les installateurs lors du confinement, et une reprise d'activité que tous espèrent très dynamique, ce durcissement des contrôles RGE n'arrive-t-il pas au mauvais moment ?

Je suis conscient que le Covid-19 a beaucoup perturbé les affaires de chacun, chantiers à l'arrêt, questionnement sur la pérennité des entreprises, gestion administrative plus lourde... C'est d'ailleurs pour cette raison que le renouvellement des appellations a été reporté jusqu'à fin août, pour donner un peu de souffle aux installateurs, qui clairement, n'ont pas la tête à penser à leur qualification actuellement.
Je crois qu'il faut voir en ce renforcement du RGE un argument supplémentaire pour donner envie aux clients. S'ils savent que nous sommes exigeants sur la qualité de nos installations, ils seront rassurés et voudront réaliser des travaux.

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