L’association Négawatt, qui fédère des spécialistes de la thermique et de l’énergétique du bâtiment, réfléchit depuis de nombreuses années à la mise en place d’ « armes de rénovation massives ». Selon elle, le temps est venu pour les artisans de se mettre au marketing.

Une chose est sûre : la massification de la rénovation énergétique passe par les TPE. Mais obtenir des rénovations énergétiques performantes nécessite que ces petites entreprises coordonnent leurs travaux. " Aujourd’hui, les menuisiers changent les menuiseries, les plaquistes réalisent l’isolation, les chauffagistes posent les chaudières, etc. sans réelle articulation entre eux, sans prise en compte suffisante des interfaces et des interactions, et sans offre construite et optimisée d’intervention auprès des ménages " , souligne Négawatt dans son dernier rapport intitulé « Résorber la précarité énergétique et rénover les passoires thermiques » et rendu public lundi 18 janvier.   Néanmoins pour l’association ce n’est pas le seul sujet dont les TPE du bâtiment doivent s’emparer pour massifier la rénovation énergétique performante. " Les artisans, habitués à s’intéresser à la technique, sont en capacité de prendre en main rapidement les nouvelles techniques liées à la performance. Par contre, un autre défi les attend : améliorer leurs capacités à formuler des offres compétitives, optimisées économiquement, et « marketées ». Sur le terrain, il existe une très grande disparité entre les offres des professionnels. La comparaison entre les meilleures offres, optimisées, et la moyenne constatée, fait apparaître des écarts inquiétants ", précise Négawatt. " La capacité des artisans à formuler des offres optimisées économiquement est un enjeu pédagogique, au même niveau que la technique. Curieusement, cette dimension est très peu présente dans les formations initiales, et absente des formations continues. C’est même un tabou, pour les représentants des acteurs, que de parler d’aider les artisans à optimiser leurs coûts, l’argument le plus fréquemment avancé est que les artisans sont « libres de fixer leurs prix » ; certes, ils sont libres de les fixer, comme de choisir les techniques qui leur semblent les plus pertinentes pour un besoin donné, mais les aider à connaître les moyens d’optimiser leurs coûts pour rendre leurs offres finançables, et donc plus accessibles, est un travail pédagogique important non traité aujourd’hui."