Après des études en psychologie comportementale à l’université américaine de Berkeley, Jeremie Jean est revenu en France persuadé qu’économies d’énergie riment avec défi. Sa start-up eGreen propose aux bailleurs sociaux, promoteurs et property managers de réduire les factures énergétiques de leurs immeubles à coup de challenges et de jeux vidéo.

Que propose votre start-up ? Nous récupérons les data à travers la GTB ou des capteurs que nous installons de manière à établir un tableau de bord des consommations par poste. Mais si cette vision en temps réel est évidemment nettement plus intéressante qu’une facture annuelle et prévisionnelle, elle n’est pas suffisante pour changer les comportements du plus grand nombre et encourager la réduction des consommations. Alors, nous utilisons cette plateforme d’informations, notamment disponible via application, pour déployer ce que l’on nomme des « fonctionnalités persuasives ».  C’est-à-dire ? L’intérêt pour un tableau de bord énergétique est limité. Rares sont les personnes qui vont passer du temps à voir l’évolution de leur courbe de consommation en kWh. Nous greffons sur ces données des challenges et des jeux de manière à ce que les économies d’énergie emportent l’adhésion du plus grand nombre. Mais ce n’est pas avant tout le portefeuille qui guide les gens ? Pas nécessairement. L’aspect financier n’accroche par exemple pas les adolescents et dans une résidence étudiante, les occupants ne paieront pas moins s’ils réduisent leur consommation. De la même manière, au sein d’une entreprise, la facture énergétique des collaborateurs n’impacte pas leurs salaires. Concrètement, que proposez-vous ? Nous avons par exemple développé un jeu vidéo qui vous invite à repeupler une île grâce à des points gagnés en réduisant vos consommations. Un autre jeu collaboratif, accompagné d’un tchat entre tous les participants,vise à dépolluer, hexagone par hexagone, la terre entière. Les jeux vidéo permettent de s’adresser à tous les profils ? Effectivement, ça ne parle pas nécessairement à tout le monde. C’est pourquoi ce n’est qu’une solution parmi d’autres. Pour les entreprises, nous développons des challenges d’économies d’énergie qui se déploient sur un temps limité, 15 jours par exemple. Au sein de la Tour Initiale à La Défense, en lançant un défi par étage, nous avons ainsi pu obtenir une baisse de près de 20% sur la facture uniquement grâce aux changements de comportement engendrés par la compétition. Au siège de Nexity à Marseille,  nous avons également pu, à travers un challenge similaire, aboutir à 30% d’économies sur la clim. Alors que la clim s’arrêtait automatiquement à 22h,  les employés ont commencé à l’éteindre eux-mêmes avant, en partant, et à ouvrir les fenêtres pour profiter d’une ventilation naturelle nocturne.   Et que se passe-t-il à la fin du challenge ? De nombreux éco-comportements perdurent dans le temps et permettent de garantir des économies d'énergie sur du long terme. Quand le challenge s’arrête, nous constatons évidemment une réduction de 15% à 50% des économies réalisées pendant la période de challenge. Nous préférons rester sur des temps courts avec des résultats visibles et immédiats pour les participants. Sur des temps plus longs, l’intérêt s’estompe et les efforts ne sont pas aussi importants. En revanche, nous préconisons de renouveler le challenge chaque année avec des règles du jeu différentes. Pensez-vous vous adresser directement aux ménages ? L’arrivée des compteurs communicants facilite le déploiement de nos solutions directement auprès des particuliers. Mais nous ne sommes pour l’heure qu’une équipe réduite et n’avons pas les moyens marketings pour nous attaquer à un marché si vaste. Lire notre article « L’air intérieur peut être cinq fois plus pollué que l’air extérieur »