L’ombre des géants d’Internet - comme Google ou Amazon - a plané, vendredi 19 janvier, sur les débats du congrès annuel de l'Union des Entreprises de génie Climatique et Énergétique de France (UECF-FFB) qui avait réuni 250 professionnels du génie climatique à 1 850 m d'altitude.

« Votre secrétaire vous annonce que les intérimaires ne sont pas là et la musique s’emballe. Elle revient vous voir pour vous dire que l’appel d’offres est remporté et c’est un allegro qui démarre. La vie d’un entrepreneur est une symphonie ». Patrick Richiero, président de la FFB Savoie, a ouvert le 79ème congrès de l’UECF-FFB,  qui a réuni 250 congressistes à Courchevel, en filant la métaphore. Et si son discours optimiste collait au climat de reprise que connait le bâtiment, les échanges ont rapidement mis en lumière les défis auxquels sont confrontés aujourd’hui les acteurs du génie climatique. Et dès la table ronde sur “les besoins énergétiques de l’habitat de demain”, le spectre des GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon) n’a cessé de planer sur les discussions. «  La vraie révolution est venue de Google qui, en 2012, a sorti son thermostat connecté. Google a ainsi rendu la domotique accessible et contraint les acteurs du génie climatique à réagir. Il est indispensable de ne pas laisser Google avoir la main sur les datas des équipements. Les données doivent rester à l’intérieur de la maison », a souligné François Frisquet, directeur général de la société éponyme et président d'Uniclima, syndicat des industries thermiques, aérauliques et frigorifiques. Proposer au client un service, pas un équipement   Claude Gemelli, directeur général de Viessmann France, n’a pas manqué d'insister, lors des ateliers techniques, auprès des installateurs venus assister à la présentation de la solution de maintenance connectée, qu'offre le géant allemand de la chaudière, de manière à conserver la main sur les datas.  «  Le jour où Amazon ou Google se mettront à proposer une plateforme de maintenance, ça sera du costaud. C’est pourquoi l’installateur doit proposer des solutions de maintenance connectée sous peine de voir Google venir jouer dans notre jardin. De plus, le particulier n’est plus intéressé par la marque. Il ne veut pas une chaudière mais du chauffage et de l’eau chaude; non pas un produit mais un service qui nécessite d’assurer la maintenance ». Défendre son portefeuille de clients à coup de maintenance connectée Mais les industriels ne sont pas les seuls à devoir se faire du souci. « Google récupèrera nos données et demain nous mettra en relation avec son réseau d’installateurs », a mis en avant Gérald Gallier, président de l’UECF-FFB. Pour ce dernier, les chefs d’entreprise doivent impérativement faire de la maintenance connectée une arme pour conserver leurs clients et ainsi ne pas se faire ubériser lors du débarquement des GAFA dans le génie climatique. Garantir la qualité pour ne pas se faire ubériser La plateforme de mise en relation Prohéros, soutenue par l’UECF-FFB, mise, elle, sur la garantie de la qualité pour ne pas être emportée par l'arrivée des mastodontes du net et pourquoi pas devenir demain un sous-traitant indispensable d’un futur Amazon Home Service. Pour son fondateur Sven Pennavayre,  si tout le monde peut s’improviser chauffeur ou livreur, on ne se met pas à installer une chaudière du jour au lendemain.     Le savoir-faire est une denrée qui ne s’acquiert pas à coup d’algorithmes. La meilleure façon pour les installateurs de rester maîtres du jeu est donc certainement de ne rien céder sur le niveau d'exigence et de sans cesse chercher à monter en compétence.