En Haute-Savoie, la commune de Lucinges a inauguré, samedi 29 septembre, un réseau de chaleur bois-énergie co-financé par ses habitants. Approvisionné en bois issu des forêts environnantes, il alimentera en chaleur plusieurs bâtiments de la commune de moins de 2 000 âmes.

La commune de Lucinges (Haute-Savoie) accueille une première en France : un réseau de chaleur bois-énergie, co-financé par les citoyens.   Priorité au circuit court   Le réseau distribuera chaque année 1 100 MWh de chaleur – soit la consommation de 110 foyers – à l’école, la bibliothèque municipale, au Manoir des Livres Michel Butor, à trois ensembles résidentiels, des maisons individuelles et une brasserie de bière bio.    Eddie Chinal, gérant de la société ForestEner dont la chaufferie de Lucinges est la première réalisation, explique que « les plaquettes de bois servant de combustible pour la chaudière sont fournies par une entreprise forestière implantée à moins de 15 km de Lucinges. »   Des partenaires locaux et engagés   Pour Yves Dieulesaint, conseiller municipal très impliqué dans le projet : « Ce projet a pu voir le jour grâce à des acteurs régionaux d’horizons différents qui ont uni leurs compétences. Des techniciens, avec le bureau d’études Eepos et le fabricant de chaudières bois Hargassner. Deux acteurs de l’ESS qui jouent un rôle clé dans l’accompagnement et le financement des projets citoyens de transition énergétique, le fournisseur coopératif d'électricité renouvelable Enercoop Rhône-Alpes et le mouvement Énergie Partagée. Et des collectivités engagées dans le soutien à cette transition, la commune de Lucinges et la Région Auvergne-Rhône-Alpes. »   La Région a en effet subventionné le projet à hauteur de 442 000 euros. L’outil d’investissement éthique Énergie Partagée y a investi 360 000 euros. Représentant désormais plus de 5 000 actionnaires citoyens au niveau national, Énergie Partagée met leur épargne au service du mouvement national des énergies renouvelables citoyennes. Un emprunt bancaire souscrit auprès de la Nef, banque éthique, boucle le financement du projet, dont le budget total s’élève à 1 071 500 euros.