En partenariat avec l’Ademe et GRTgaz, le distributeur historique de gaz GRDF a présenté, lors des Assises européennes de la transition énergétique qui se tenaient du 30 janvier au 1er février à Genève, une étude – réalisée par la société d’ingénierie Solagro – démontrant qu’il est possible d’avoir un réseau de gaz 100 % renouvelable à l'horizon 2050.

« Il ne s’agit pas ici de donner une trajectoire pour atteindre un gaz 100 % renouvelable en 2050 mais d’explorer les conditions de la faisabilité et les freins d’une telle ambition », a déclaré Bruno Lechevin, président de l’Ademe.   Pour produire du gaz renouvelable, GRDF a répertorié trois filières. La méthanisation qui produit du méthane en dégradant la matière organique ; la pyrogazéification qui produit du méthane à partir de matières organiques (principalement du bois) et le power-to-gas qui produit du méthane par électrolyse de l’eau en utilisant de l’électricité renouvelable. Le potentiel total de ces trois filières renouvelables susceptibles de produire du gaz est estimé à environ 460 TWh : 30 % proviendraient de la méthanisation, 40 % de la pyrogazéification et les 30 % restant par le power-to-gas. Ce potentiel de 460 TWh de gaz renouvelable injectable est suffisant pour satisfaire la demande de gaz à l'horizon 2050 pour les quatre scénarios de l’Ademe qui prédisent une consommation en gaz comprise entre 276 TWh et 361 TWh. La France serait donc à même de produire la totalité de gaz renouvelable injectable dans les réseaux.   Concrètement, cela nécessiterait d'installer environ 10 000 méthaniseurs alors que la France n’en compte même pas 300 aujourd'hui. Mais Edouard Sauvage, directeur général de GRDF, juge réaliste de viser une bascule totale vers un gaz 100 % renouvelable en 30 ans. Ce dernier compte bien s’appuyer sur cette étude pour inviter les pouvoirs publics à donner un coup d’accélérateur. Ces derniers semblent disposés à accélérer ce verdissement du gaz. Depuis la publication d’un arrêté fin 2017,  les coûts de raccordement des installations de production de biogaz aux réseaux publics de distribution de gaz naturel sont désormais pris en charge à hauteur de 40 %. Et, dans une récente interview, le président de la République Emmanuel Macron montrait son intérêt pour la méthanisation en soulignant que les agriculteurs allemands gagnent désormais plus de la production de biogaz que de légumes...       Lire notre article La méthanisation en mode crowdfunding