À l’heure où le Gouvernement annonce vouloir éradiquer le fioul en France, Thomas Perrissin, DG  France du leader de la chaudière à granulés ÖkoFEN livre à Génie Climatique son impression sur un marché en pleine résurrection. 

L’embellie du marché de la chaudière à granulés pressentie en 2017 se confirme –t-elle ?Nous avions touché le fond et, après une inversion de tendance amorcée en 2017 qu’aucun indicateur ne laissait présager, 2018 se révèle effectivement être une superbe année pour la chaudière à granulés, porté par le prix élevé des énergies fossiles et la volonté de plus en plus forte d’aller vers des énergies locales et renouvelables. Les ventes d’ÖkoFEN progressent de plus de 40% cette année et globalement le marché devrait grossir de 30%. Nous ne devrions ainsi pas être loin de taquiner les 10 000 pièces, et les ventes de chaudières à granulés devraient pour la première fois dépasser celles des chaudières à buches.Nous sommes présents depuis 16 ans en France et c’est la première fois que nous constatons deux années de progression successives. Ce n’est pas anodin. A l’heure où le premier ministre annonce vouloir éradiquer la chaudière fioul, vous restez donc très optimistes pour 2019 ?Nous ne proposons pas d’équipements adaptés au marché du neuf et le remplacement de chaudières fioul est notre premier marché. Alors, la volonté du gouvernement d’éliminer les 4 millions de chaudières fioul encore présentes en France nous profitera inévitablement.Beaucoup d’éléments nous laissent penser que nous devrions encore progresser l’année prochaine : le prix des granulés est maitrisé, celui du litre de fioul devrait approcher l’euro et les aides fiscales se renforcent. Ressentez-vous l’effet du nouveau dispositif « Coup de pouce économies d’énergie », lancé en avril dernier, qui permet à un ménage de bénéficier jusqu’à 4 000 euros pour passer du fioul aux granulés ?Le dispositif n’a pas encore pris son envol. Il est financièrement bien calibré mais trop complexe à mettre en œuvre. Pour que les chauffagistes se l’approprient il est nécessaire de le simplifier. Il en est de même pour l’Eco-PTZ qui ne sera en 2019 plus uniquement réservé à des bouquets de travaux et peut donc également être un important levier pour la chaudière granulés.La complexité des dispositifs décourage trop souvent les professionnels qui de plus peuvent attendre plusieurs mois pour être payés avec certains dispositifs comme celui de l’Anah. Le sursaut du marché devrait faire arriver un certain nombre d’acteurs. Etes-vous prêts à faire face ?Nous allons voir arriver des opportunistes sur le marché l’année prochaine mais nous sommes prêts. Nous avons fait en sorte de conforter notre position de leadership. Nous travaillons pour cecla avec 10 distributeurs indépendants et spécialisés (qui réalisent plus de 75% de leur CA avec ÖkoFEN) et nous avons également des installateurs fidèles à la marque, aux profils diversifiés. Un noyau d’installateurs plutôt militants qui font promotion du bois et du solaire thermique et des acteurs généralistes qui ajoutent avec le granulé une corde à leur arc car leurs clients sont demandeurs. Pourquoi pas un club d’installateurs pour fédérer autour du granulé ?Les installateurs de nos équipements sont majoritairement des TPE de 3 à 10 personnes mais qui présentent des profils divers. Ce qui ne facilite pas le montage d’un club. Néanmoins, nous avons un Club en Poitou-Charentes : les ökomotivés et l’idée d’en faire émerger d’autres au niveau régional nous travaille. Vous venez également de nouer un partenariat avec HSG Bavaria pour distribuer leurs solutions de plusieurs centaines de kW. Pourquoi ce souhait d’aller vers les grands puissances ?Ce souhait n’est pas nouveau. Nous avions déjà fait une première tentative avec un autre partenaire il y a 3-4 ans. Le partenariat ne s’est pas révélé fructueux et nous l’avons arrêté. Nous avons mis un an pour trouver un autre partenaire et avec la bénédiction d’ ÖkoFEN Autriche nous allons donc distribuer les équipements d’HDG Bavaria.