Le Haut conseil de santé publique a émis un avis relatif à l'utilisation des appareils de chauffage en cette période épidémique, essentiellement les aérothermes, ventilo-convecteurs et batteries chaudes de CTA.

Après le rafraîchissement, vient l'inquiétude de la propagation de la Covid-19 à travers les équipements de chauffage. Pour répondre à une demande de la direction générale de la santé, le Haut conseil de santé publique (HCSP) a auditionné le Cetiat, l'AICVF, Uniclima et le CSTB afin de dresser une liste de conseils à l'aube de cette saison de chauffe marquée par l'épidémie.

Les questions auxquelles le rapport tente de répondre concernent essentiellement les risques de transmission potentielle du virus SARS-CoV-2 associés à certains modes de chauffage, comme les aérothermes, dont le ventilateur projette l’air chaud vers la pièce à chauffer, ou les systèmes équipés d’un bloc ventilo-convecteur, brassant ou recyclant l’air des pièces, des dispositifs souvent installés dans des salles de classe, lieux de travail, gymnases et commerces, et où, dans un grand nombre de cas, ils constituent la seule source de chauffage des locaux.

Pour les aérothermes, dont la vitesse de passage est en moyenne de 6 m/s et la température de surface de la batterie de chauffe est de 60° - 80° C pour une batterie à eau chaude, et supérieure à 100 °C pour un aérotherme gaz, le HCSP rappelle que le flux d’air ne devrait pas être pulsé vers les occupants du local. " Dans le cas où plusieurs appareils sont installés dans un même local, il convient de les positionner de telle sorte que la répartition de chaleur soit la plus homogène. Dans les locaux de grande hauteur (hauteur sous plafond supérieure à 5 mètres et taux de brassage inférieur à 4 volumes par heure), l’air chaud s’accumule en hauteur. Il se crée un phénomène de stratification, à savoir de l’air chaud en hauteur et de l’air froid en bas. Pour minimiser ce phénomène et permettre un chauffage uniforme et un meilleur confort, la pratique est alors d’installer des déstratificateurs (ventilateurs) avec les aérothermes. "

Les aérothermes ne peuvent être installés que dans des locaux suffisamment ventilés (ventilation naturelle ou forcée).

La vitesse de passage de l’air sur un ventilo-convecteur est quant à elle, comme le préconise le HCSP, inférieure à 2 mètres par seconde et la température de surface de la batterie est de 40° - 60° C pour une batterie hydraulique à eau chaude et de 50°C pour une batterie électrique.

Hygrométrie > 40 % et fonction recyclage de l'air supprimée

Le HCSP recommande donc :

- de maintenir le chauffage des espaces clos collectifs afin d’atteindre une température de confort en adéquation avec l’activité des personnels et des visiteurs ;

- d’assurer le renouvellement régulier de l’air des locaux avec un apport d’air neuf respectant les prescriptions réglementaires (Règlement sanitaire départemental type, Code du travail) qui devra, si possible, être augmenté. Il permet, par dilution, de diminuer les concentrations des aérosols potentiellement chargés en virus infectieux. Ce renouvellement de l’air est assuré par :

  • l’installation de traitement d’air qui agit également comme système de ventilation mécanique des locaux avec une extraction d’air ;
  • la ventilation naturelle par conduits ou l’aération des espaces clos par ouverture des fenêtres, en fonction des activités effectuées dans ces espaces (par exemple, fenêtre entrebâillée en permanence ou ouverte en grand à certains moments de la journée : par exemple, début de matinée, pauses, fin d’après-midi, nettoyage des locaux). Le chauffage sera réglé pour prendre en compte l’aération. La mesure en continu de la concentration en dioxyde de carbone (CO2) dans l’air à l’aide de capteurs, dont le coût n’est pas excessif, permet de juger de la qualité du renouvellement de l’air. Une valeur cible plus faible que la valeur guide de 1000 ppm peut être proposée afin d’améliorer le renouvellement de l’air des locaux.

- de limiter strictement la jauge d’occupation à ce que permet le débit réel d’air neuf entrant dans le local tout en respectant la distanciation physique. L’exploitant vérifiera ou fera vérifier régulièrement ce débit d’air neuf, comme l’efficacité des ouvrants.

- de veiller à respecter les règles de conception, de réalisation et la maintenance régulière des appareils de chauffage à air pulsé et des installations de traitement d’air (avec enregistrement des données) et notamment :

  • de nettoyer périodiquement les diffuseurs d’air, batteries et filtres des appareils, sur la base des instructions du fabricant, pour réduire les problèmes d’encrassement et favoriser le bon fonctionnement des équipements.
  • de ne pas vaporiser ou pulvériser des produits détergents/désinfectants sur les filtres et batteries afin de ne pas faire inhaler des résidus chimiques lors du fonctionnement de l’appareil.
  • de vérifier la facilité et la sécurité d’ouverture des fenêtres (mécanique, encombrement).

- de maintenir en fonctionnement continu les appareils de chauffage à air pulsé et les systèmes de ventilation mécanique, éventuellement avec une diminution des taux de ventilation pendant la nuit lorsque le bâtiment n’est pas utilisé ou en modifiant les horaires de marche/arrêt, en débutant deux heures plus tôt avant l’ouverture du bâtiment et en arrêtant deux heures après la fermeture du bâtiment. Il est recommandé de vérifier l’absence d’obstacles au bon fonctionnement de la diffusion de l’air dans les locaux (rideaux, objets, plantes, etc.).

- de supprimer la fonction de recyclage d’air de l’installation de traitement d’air pour éviter le transfert éventuel d’aérosols viraux dans plusieurs locaux. Lorsqu’il n’est pas possible de désactiver complétement le recyclage en raison des spécifications de fonctionnement liées à la conception, il est recommandé de faire fonctionner le système en adaptant et en modifiant la quantité d’air neuf requise et en réduisant la quantité d’air recyclé. En complément, si cela est possible, il est recommandé d’ouvrir les fenêtres au moins pendant quelques minutes plusieurs fois par jour afin d’augmenter encore le niveau de renouvellement d’air.

- de s’assurer en saison hivernale que l’hygrométrie ne soit pas trop basse, c’est-à-dire inférieure à 40 %, afin de limiter la formation d’aérosols.

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