Nicolas Blondet, responsable développement et coordination du label Intairieur chez Immolab, confie à Génie Climatique Magazine la prise en compte grandissante qu'il constate autour de la qualité de l'air intérieur.

Quel est l'intérêt de votre label Intairieur® ?Intairieur® est le premier label sur la QAI des logements en France, disposant du protocole le plus complet, pour regarder l’intégralité du projet avant qu’il soit conçu, en prenant en compte toutes les problématiques extérieures mais également tous les matériaux utilisés pour la construction du logement, et les équipements choisis pour la ventilation et le chauffage. Nous sommes notamment très attentifs à la proximité avec des usines, des stations essences, des pressings, mais aussi des plantations agricoles ou des arbres à forte pollénisation.En tout, nous avons près de 300 points de surveillance pour délivrer le label. Parmi les plus marquants, nous avons limité la surface vitrée des habitations à un quart de la surface totale, nous imposons une perméabilité du bâtiment de 0,8 alors que la réglementation impose une perméabilité de 1 et nous obligeons à une gestion pointue du bâtiment. C'est pour cette raison que nous excluons d'ailleurs les systèmes de soufflage par plénum, que nous estimons trop incertains à nettoyer pour garantir une QAI. Pour la ventilation, nous préconisons notamment des réseaux d'étanchéité rigides ou semi-rigides, et nettoyables.Existe-t-il une solution idéale pour assurer une bonne qualité de l'air intérieur d'un logement ?Tout dépend de l'emplacement de celui-ci. C'est pour cela qu'il faut penser QAI avant même la conception du logement. Si le bâtiment est érigé dans une zone trop contrainte, comme au cœur d'un fort trafic ferroviaire ou routier, une centrale double-flux pourra être une solution demandée. En revanche, si les vents dominants sont favorables, et si le logement est construit dans une zone sans contraintes, comme c'est le cas pour les futurs logements Oreka à Bayonne, dont la première pierre doit être posée dans quelques jours, une VMC simple-flux peut être prescrite.Notre force est de rédiger une charte de chantier sur-mesure en fonction du projet, jointe aux documents marchés et DCE, elle doit être signée par les différentes entreprises intervenantes. Une réunion est prévue afin de sensibiliser tous les acteurs aux bonnes pratiques propres au chantier. Il sera également fourni un guide des bonnes pratiques pour les usagers, essentiel pour garantir une longévité de la QAI du logement, auprès de l'occupant. Une fois le chantier livré, des mesures sont également effectuées par un cabinet indépendant, afin de vérifier les niveaux des polluants, tels le benzène, radon, formaldéhydes, particules de taille PM2,5 PM1, ou encore moisissures et autres COV.Pensez-vous que les professionnels sont prêts à faire des efforts pour assurer une QAI de leurs logements ?Bien sûr ! Intairieur® existe depuis un an, et nous avons déjà plus d’une trentaine de projets en cours, soit plus de 2 200 logements, et 13 500 autres à venir. Le label a été conçu de manière pragmatique, il n'y a pas de besoin de recourir à un AMO pour la QAI sur le chantier, et le maître d’ouvrage ne consacrera que quelques jours sur les trois années du projet pour l'obtention de ce label. Un auditeur, agréé par IMMOLAB l'accompagne et effectue un travail conséquent et précis pour l'aider dans cette démarche. Nous ne souhaitons qu'une chose, que les maîtres d'ouvrage se disent « bien faire pour améliorer la QAI, c'est facile » !Croyez-vous que la QAI peut avoir sa place dans la RE2020 ?En tout cas, si elle ne l'a pas, ce sera incompréhensible. C'est un fait, les citoyens veulent améliorer la qualité d'air intérieur de leur logement, comme le prouve les nombreux appels que nous recevons. Les usagers veulent savoir si leur environnement et leur logement permettent de leur garantir un confort et une santé préservée. Nous le voyons, les professionnels y sont également de plus en plus vigilants. Après, il faut savoir être patient. Nous ne pouvons pas tout de suite en demander trop. Les réglementations autour de la QAI avancent pas à pas. J'espère qu'un jour, nous n'entendrons plus des aménageurs refuser d'installer une double-flux pour son coût trop élevé ou le sentiment que les contraintes techniques sont trop fortes, alors que l’environnement autour du bâtiment le nécessite. Outre améliorer la qualité d’air, une double-flux permet aussi, ne l’oublions pas, un bon traitement en acoustique, autre source de confort. Il y a des raisons d’être optimiste, si la prise en compte de la QAI se fait dès la conception, la réussite du projet sera au rendez-vous et à moindre coûts, c’est évident.

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