L’association Négawatt s’alarme d’une note, rédigée d’après elle par la DGEC, visant à nourrir la réflexion des groupes de concertation sur la RE2020 et qui prône pour l’abaissement du coefficient de conversion de l’énergie électrique finale en énergie primaire à 2,1.  Pour l’association qui a pour devise « sobriété, efficacité, renouvelable » cela signifierait tout bonnement le retour en force du radiateur électrique qui fut expulsé manu militari du neuf avec la RT2012.

« Adopter – comme le propose la Direction générale de l’énergie et du climat (DGEC) - un coefficient artificiellement bas de 2,1 (contre conventionnellement 2,58 et en réalité 2,75 en 2018 selon les calculs de la DGEC elle-même) qui ouvrirait la porte au retour du chauffage électrique peu performant est incompatible avec les objectifs français, et en particulier la fermeture des centrales charbon, clairement conditionnée à la maîtrise de la pointe électrique », souligne Négawatt dans un communiqué.Thierry Rieser, gérant du BE Enertech, membre de l'association Négawatt et participant aux groupes d'experts pour l’élaboration de la RE2020, s’étonne de cette note « tombée du ciel ». « Alors que la construction de la RE2020 se déroule de manière ouverte et transparente arrive par une porte dérobée cette note », s’étonne auprès de Génie Climatique Magazine ce dernier.« La démonstration qui sous-tend ce 2,1 est que les bâtiments vivent 50 ans et qu’il convient donc de prendre un facteur de conversion moyen qui prend en compte l’évolution du mix énergétique futur. Ce raisonnement tord à la fois le bras à la physique et à la logique. En effet ce choix empêcherait le recul du radiateur électrique (au profit de la PAC et autres énergie), précisément ce sur quoi s’assoient les scénarii permettant d'arriver à un coefficient de 2,1… Bref ce 2,1 s’apparenterait donc à une prophétie autodestructrice ».Pour Thierry Rieser si ce coefficient était retenu la face des logements RE2020 serait totalement modifiée. « Avec un 2,1, c’est le retour en force des grilles pains. Or nos dizaines de millions de radiateurs électriques font qu’en hiver, à chaque degré de moins, il faut l’équivalent de deux à trois tranches de centrales nucléaires supplémentaires. Nous sommes les premiers à dire que l’électricité est une énergie noble. Mais elle ne doit pas être mise au service de l’effet Joule, qui est un système à très mauvais rendement (30% de rendement de l'entrée de la centrale au logement) et qui reste cher à l'usage pour les occupants, mais au service des systèmes comme la PAC (air/eau ou encore mieux géothermique) qui est un équipement très satisfaisant d’un point de vue technico-économique ».

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