Cochebat, syndicat regroupant une douzaine de fabricants de surfaces rayonnantes, a annoncé, jeudi 28 mars, une progression de 5% en volume de solutions de chauffage et de rafraîchissement par le sol en 2018 par rapport à 2017. Son président Florent Kieffer s'est confié à Génie Climatique Magazine.  Si le plancher rayonnant s’est fait une place dans le neuf, comment expliquez-vous l'intérêt mesuré pour les plafonds rayonnants dans le résidentiel ?Il s’agit plutôt d’une méconnaissance à mon avis. L’utilisateur va penser par exemple qu’un plafond rayonnant est inconfortable. Souvent, on entend qu’avec cette solution, vous avez seulement chaud à la tête, car la chaleur monte. C’est méconnaître le principe du rayonnement. Dans le cas d’un plafond, le procédé se rapproche le plus du rayonnement naturel par le soleil, soit au-dessus de votre tête. Dans le cas d’un mur, c’est la même sensation que lorsque les « vieilles pierres » restituent la chaleur le soir venu ! Il suffit de faire essayer à l’occupant le chauffage par surface rayonnante pour qu’il ne désire plus que ça ! L’émancipation de ces systèmes de chauffage passe aussi, et surtout, par la compréhension du particulier. Quant au plombier-chauffagiste, qui a ses habitudes de pose, il faut l’accompagner pour qu'il se familiarise avec ces nouvelles techniques, qu'il se les approprie. D’autant que, l’installation des surfaces sèches, et notamment murs et plafond, change l’ordonnancement traditionnel des corps d’état sur les chantiers. Bien que cela reste à moduler en fonction des solutions proposées, il peut y avoir une interaction entre le plaquiste, le chauffagiste et l’électricien. Interaction qui n’existe pas dans le cas des solutions traditionnelles. Les corps d’états en interaction sont plutôt le maçon, le chauffagiste et le carreleur. Cela reste évidemment générique. Il faut s'habituer à un nouveau rythme de travail. Il ne faut pas que ce changement d'organisation effraie, surtout en rénovation, où ces nouvelles solutions sèches  sont idéales. Encore plus en plafond ou mur, où vous n'aurez pas besoin de bouger les meubles ou de casser la dalle !Pensez-vous que la RE2020 signera la fin des radiateurs ?Je crois que nous aurons toujours besoin de radiateurs, ne serait-ce que dans la salle de bains, pour sécher les serviettes. Et les promoteurs continueront de proposer cette solution très économique et habituelle. Sa limite reste qu’un radiateur, ça chauffe mais ça ne rafraîchit pas. La RE2020 sera apparemment autant, si ce n’est plus attentive que la RT2012 sur le bas carbone. Un avantage de plus pour les surfaces rayonnantes, qui correspondent d’ailleurs à la démontabilité en fin de vie du logement qui pourrait être inscrite dans la future réglementation. Après, tout est question de budget. Les nouvelles solutions sèches, encore « confidentielles » peuvent couter plus de 100 € / m² fourni posé.La vague d’offres de remplacement de chaudières vétustes par des PAC à 1 € peut-elle vous être bénéfique ?L’offre s’adressant à des habitations déjà existantes, les planchers rayonnants en rénovation sont compliqués à installer. En revanche, les plafonds et murs rayonnants ont toute leur place dans ces nouvelles solutions. Reliés à une PAC, ils peuvent complètement profiter du coup de pouce de l’Etat. Il reste tout de même à convaincre la filière du bien-fondé de ces alternatives, connues seulement de certains initiés. Installateurs et promoteurs doivent oser un peu, et ils seront vite convaincus.

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