La Fédération Française des Combustibles, Carburants et Chauffage (FF3C) lance un recours contre le "coup de pouce chauffage" et teste l'injectection de colza dans les chaudières fioul existantes, avec la prommesse, à horizon 2050, d'un combustible sans aucune trace d'énergie fossile.

"Les récentes mesures gouvernementales pour la transition énergétique de la France ont littéralement été un coup d'arrêt pour la filière fioul." C'est le bilan que tire Eric Layly, président de la Fédération Française des Combustibles, Carburants et Chauffage (FF3C) de ces derniers mois. Selon lui, les chauffagistes ont connu une baisse de 50 % de l'activité du fioul début 2019 par rapport à la même période l'an dernier. De quoi inquiéter la filière, et les 15 000 emplois qui dépendent de la distribution du fioul.Recours contre le "Coup de pouce chauffage"Jugeant le "Coup de pouce chauffage" - incitant les Français à remplacer leur chaudière vétuste fioul, charbon ou gaz non-condensation au profit d'une PAC, d'une chaudière bois ou encore d'une chaudière gaz THPE  - discriminatoire, la FF3C a saisi une nouvelle fois le Conseil d'Etat.  En effet, pour Eric Layly, le dispositif délaisse la part considérable de Français équipés de radiateurs électriques très énergivores qui ne peuvent s’appuyer sur aucune aide et, autre anomali majeur pour la FF3C, il aide les ménages à installer une chaudière gaz mais pas une fioul, même très haute performance. " Soit toutes les énergies fossiles sont bannies, soit aucune ", souligne Eric Layly.Du colza dans le fioulMais la filière fioul ne compte pas faire reposer son sort sur la décision du Conseil d'Etat et se cherche déjà un avenir dans les champs de Colza. Des tests d'avec un fioul composé à 10 % d'esters de Colza, dit F10,sont en cours sur le parc actuel de chaudières et, en laboratoire, avec un fioul composé à 30 % d'esters de Colza, le F30. Selon l'étude, les chaudières au fioul vieilles de 25 ans et plus nécessitent d'être renouvelées, à hauteur de 3 % par an, et les novueaux équipements pourront donc fonctionner avec du F30. Pour les chaudières plus récentes, le F10 pourrait tout à fait convenir, sans forcément changer le brûleur. "Il est beaucoup plus raisonnable d'envisager un biofioul, qui amènerait un changement de brûleur de l'ordre de 1 000 €, plutôt que de faire installer une PAC à 15 000 € !" juge Eric Layly.Invitation à revisiter la taxe carbone La FF3C espère pouvoir proposer à la fin de l'année les résultats de son étude au Gouvernement, afin qu'il intègre dans la loi de Finances 2020 une taxation de la partie fioul du combustible, sans compter la partie bioliquide. Avec cette mesure, le consommateur n'aurait pas à subir du surcoût du bioliquide, de l'ordre de 0,02 € / l pour le F10 et 0,06 € / l pour le F30.Le président de la FF3C, Eric Layly, s'étonne de la discrimination que connaît le fioul par rapport à l'électrique : Eric Layly explique pourquoi le biofioul est une alternative plus économe et plus réfléchie que l'installation d'une PAC : LIRE AUSSI Le fioul n'a pas dit son dernier mot

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