Certains acteurs de la filière souhaitent que le Gouvernement soutienne le développement des agrocombustibles.

Philippe Lassout en a marre. Ce distributeur de fioul, président du syndicat de la profession en Franche-Comté, également à l'initiative de l'association Solidarité Fioul, qui offre à 300 familles l'équivalent d'un mois de chauffage en fioul chaque année, ne veut plus être vu comme un pestiféré. C'est pourtant le sentiment qu'il a depuis l'annonce du gouvernement de vouloir supprimer le chauffage au fioul d'ici à 2028. "Ce n'est pas une honte de vendre du fioul, se justifie celui qui est aussi membre du comité directoire de la FF3C. Nous avons le droit au dialogue, nous voulons être entendus."Un biofioul taxé sur la partie pétroleC'est pour cette raison qu'il a décidé de lancer une pétition pour stopper l'interdiction des chaudières fioul d'ici à 2028. Le professionnel regrette le manque de soutien de l'Etat envers des solutions plus vertes, tels que les agrocombustibles composés d'huile de colza. "Nous savons que cette solution fonctionne. En Allemagne, le biofioul est même obligatoire dans plusieurs régions." Philippe Lassout milite d'ailleurs pour que, si ce nouveau combustible venait à remplacer le fioul, la partie végétale ne soit pas taxée, et donc seule la partie pétrole subirait la TCPE.Avec cette mesure, Philippe y voit deux avantages. Le premier est pour ses clients, pas suffisamment "pauvres", qui ne pourront donc pas bénéficier des primes à la conversion de chaudières mises en place par le gouvernement, mais pas suffisamment "riches" pour investir plusieurs milliers d'euros dans un nouveau système de chauffage. "Avec cette méthode d'agrocombustible, les clients n'auront qu'à changer leur brûleur d'ici 10 à 15 ans, c'est beaucoup plus rentable." Le second est plutôt pour la filière. Selon lui, cette suppression du fioul met en danger près de 15 000 emplois chargés de la distribution du fioul, mais également des installateurs dont le travail est en suspend à cause des différentes annonces des pouvoirs publics créant le flou chez les particuliers.Philippe Lassout espère que le Ministère de la Transition écologique et solidaire entendra son message. Pour l'instant, la pétition a reçu plus de 2 200 signatures.

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