Passage au R32,  foi en l’hybride, consommation de H,  Christophe de Fitte, DG de BDR Thermea France et Fabrice Shoshany, son directeur commercial, marketing et services nous disent tout.

Comment BDR Thermea traverse la pandémie ?

Nous sommes l’acteur du génie climatique qui a pris le plus de parts de marché sur quasiment toutes les familles en 2020. Malgré les turbulences que nous connaissons depuis plus d’un an sur le marché résidentiel, nous avons progressé partout, tout particulièrement sur les segments de la chaudière et de la PAC air/eau.
En ces temps de pandémie, notre positionnement plus affirmée sur la rénovation plutôt que sur le neuf nous a donné un avantage certain par rapport à nos concurrents. Mais ce succès repose également sur un important travail avec plus de 6 nouveaux produits et de la formation : nous avons formé plus de 700 installateurs et également 300 commerciaux de nos distributeurs. Résultat : le chiffres d’affaires en France dépasse pour la première fois celui de l’Angleterre, marché leader historique du groupe BDR thermea. 

Le fait de gérer désormais le pays « numéro 1 » au sein du géant néerlandais BDR Thermea va changer votre quotidien ?

Le fait d’être le premier marché va nous permettre de bénéficier de plus d’attention, tout particulièrement côté R&D, où d’ailleurs nous recrutons beaucoup en ce moment.

Ainsi nous allons pouvoir encore monter encore d’un cran sur la PAC air /eau et proposer des équipements plus que jamais pensés pour les installateurs et les ménages français.

La Business unit PAC que nous testions jusqu’alors en Alsace sera renforcée. Aussi notre organisation évolue avec la mise en place de 5 autres Business Units organisées autour de grandes familles :

  • chaudières;
  • ballons, radiateurs et solaires,
  • régulation et connecté,
  • service et pièces détachées,
  • MGP. 

Le fait de s’organiser par familles d’équipements va nous permettre de travailler de manière plus fluide et homogène, de la conception du produit au parcours client.

En parallèle, l’organisation France évolue avec un pôle Commerce, Marketing et Services sous la responsabilité de Fabrice.

Avec quel fluide comptez-vous avancer sur le marché de la PAC air/eau ?

Le R32 arrive chez nous ce printemps en commençant par la Strateo. Et d’ici un an et demi, nous souhaitons faire passer l’ensemble de notre gamme.

Vous avez donc acté un choix de fluide frigorigène.

Non, car le R32 n’est clairement pas le fluide du futur. Il ne s’agit que d’une étape.

Nous travaillons actuellement sur d’autres fluides et devrions être en mesure d’en dire plus en 2022.
Mais, pour nous, l’avenir de la PAC ne se résume pas au choix du fluide frigorigène.

Alors comment voyez-vous alors la PAC de demain ?

Nous nous intéressons à la monobloc et avons beaucoup d’idées sur la manière de réaliser le cycle thermodynamique.

Pouvez-vous m’en dire un peu plus ?

Nous pensons que l’approche globale va s’imposer en rénovation et qu’il faudra proposer des systèmes complets et intelligents qui combineront des technologies différentes.

Vous travaillez sur un compresseur thermique ?

Nous avons beaucoup d’idées (sourire).

Je vais devoir patienter encore avant de lever le mystère sur ce qui se trame sur les bancs d’essai alsaciens. Quittons donc la R&D et revenons-en au marché.
Vous lancez une nouvelle PAC Hybride murale gaz. Vous croyez donc plus que jamais à l’hybridation ?

Nous croyons fermement à la combinaison de l’électricité et du gaz car elle offre une double sécurité au ménage :

  • Utiliser au quotidien l’énergie la moins chère suivants les conditions de températures extérieurs;
  • garantir le fonctionnement en cas de défaillance d’une des 2 sources avec une bascule automatique.

En 2020, le marché de la PAC hybride a un peu marqué le pas mais nous sentons en ce début d’année que le marché commence à frétiller. Il y a un alignement d’acteurs derrière la technologie, qui n’existait pas jusqu’à présent, et cela va inéluctablement porter le marché.

L’enjeu, côté industriel, pour faire émerger cette technologie se situe du côté de la régulation. C’est pourquoi nous l’avons revue à la lumière des retours installateurs et les retours sont excellents.

Le marché devrait donc dépasser selon vous le seuil symbolique des 5 000 équipements cette année ?

Il y a de bonnes raisons de le penser. Dans les régions les plus froides de France, la PAC hybride a toutes les raisons de se faire une place.

Quel est selon vous le bon dimensionnement d’une PAC hybride ( puissance PAC, puissance chaudière) ?  

Contrairement aux idées reçues, en hybride, une petite PAC suffit amplement. Grâce à notre intelligence hybride embarqué dans nos solutions, un dimensionnement de la PAC à 30% des déperditions permettra un taux de couverture de la PAC proche de 90%. La chaudière assurera le confort lors de conditions extrêmes lorsque la PAC ne sera plus assez puissante. Dans certaine technologie d’hybride, la chaudière assure aussi la production instantanée d’eau chaude sanitaire

Après plusieurs années d’expériences sur les systèmes hybrides, notre recommandation est de dimensionner la PAC entre 30% et 70% selon si l’appoint est en gaz naturel, propane ou fioul, ce qui permet de tenir compte du prix des énergies et de l’efficacité des chaudières.

Ce dimensionnement spécifique aux PAC hybrides est intégré à nos logiciel de sélection pour accompagner les professionnels dans leurs choix.

Chez BDR thermea vous croyez également beaucoup, et ce depuis un moment, à l’hydrogène. Les choses bougent en ce moment et semblent vous donner raison. Mais si le gouvernement en parle désormais beaucoup, pour l’heure il ne semble avoir d’yeux que pour le train ou l’avion à hydrogène…

Vous avez raison ! Jusqu’à présent, au sein du ministère de la Transition écologique et solidaire, on ne parlait que mobilité. Mais nous nous sommes rapprochés du cabinet pour leur présenter l’application hydrogène dans le bâtiment. Les choses devraient donc évoluer.

L’enjeu écologique est de taille car des tests réalisés au Cetiat démontrent qu’en introduisant seulement 20% d’hydrogène dans le gaz, les émissions de CO2 de la chaudière sont abaissés de 8%.

Si une ordonnance, publiée au Journal officiel mi-février, fixe un cadre pour l'hydrogène renouvelable dans les réseaux de distribution de gaz naturel, l’injection de 20% d’hydrogène n’est pas pour aujourd’hui. Le développement de la chaudière hydrogène n’est-elle donc pas toujours à un horizon lointain ?

Il y aura en effet du temps avant d’avoir 20% d’hydrogène dans le mix gazier. Mais le développement de la chaudière hydrogène peut émerger en parallèle des réseaux. Nous constatons, grâce notamment à la vague de maires « verts », une demande grandissante des petites villes et des villages. En effet ces derniers sont intéressés par l’idée d’implanter sur leur territoire une solution offrant une autonomie énergétique à la fois côté mobilité et bâtiment. C’est là la force de l’hydrogène. Ainsi, nous allons cette année voir émerger en France une filière hydrogène autour de ces « éco- quartiers hydrogène ». Et cela se fera d’autant plus facilement que pour les installateurs, cela ne sera pas une révolution mais une évolution. Ils ont déjà les compétences nécessaires.

Pensez-vous que des ménages en quête d’autonomie énergétique vont également se tourner vers l’hydrogène ?

On va avoir une accélération sur ce terrain dans les prochaines années. Nous travaillons actuellement sur des pistes très intéressantes pour réduire le coût de solutions complètes offrant production d’électricité, transformation en hydrogène, stockage et génération de chaleur. Les piles à combustible dont les prix vont inévitablement beaucoup baisser laissent entrevoir de nouvelles opportunités.

Avec une RE 2020 qui, en imposant des seuils d’émission de CO2, exclut d’ici seulement 3 ans le gaz tel qu’on le connait du logement neuf, ce type de systèmes pourraient bien émerger plus vite que ce qu’on imagine.

Vous allez développer intégralement ces solutions « tout en un » ?

Nous n’allons pas pouvoir tout faire. Pour développer ces équipements « tout en un », nous nouons des partenariats pour être à même de greffer des briques technologiques à nos solutions. Et parallèlement nous optimisons le rendement de notre chaudière 100% hydrogène en travaillant sur l’injection de l’hydrogène et son brulage. Nous ne sommes pas au bout du développement…

Donc vous êtes très optimistes pour 2021 ?

Le marché est prometteur et la transition énergétique présente de nombreuses opportunités. Par contre le gros risque sur cette année ce sont les pénuries du fait de la rareté des matières premières et des composants électroniques. Nous voyons depuis maintenant 5 mois des prix de matières premières, de containers ou de composants électroniques plus vus depuis très longtemps avec un impact fort sur toute la filière. Cela va être un sacré enjeu pour nous tous mais  effectivement oui, nous sommes optimistes !

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