Selon Philippe Haïm, président du comité scientifique et technique de Coénove, les chaudières modernes ont une meilleure performance quand elles fonctionnent à basse puissance.

Que pensez-vous de la nouvelle version de MaPrimeRénov ?

Le gouvernement essaie de soutenir plus que par le passé les rénovations globales, c'est un bon point. Il paraît évident que la meilleure façon de faire baisser les consommations d'énergie soit une rénovation globale du logement. En revanche, je ne suis pas sûr que 500 à 1 500 € de bonus pour atteindre le label BBC soit suffisamment ambitieux. Aussi, une fois la rénovation globale réalisée, je pense que l’étape supplémentaire pour atteindre le niveau BBC rénovation ne soit jamais réalisée.

À quel moment le remplacement de chaudière intervient-il dans un projet de rénovation énergétique ?

Il n'y a pas deux maisons identiques, les besoins de rénovation ne sont pas forcément les mêmes. Avant tout, il faut faire un diagnostic préalable, et voir quelle est l’ambition du propriétaire. Et à partir de cet audit énergétique, on peut réaliser le parcours de rénovation du logement. Souvent, on entend que remplacer une chaudière par une autre plus récente avant de réaliser l'isolation du bâti entraînera une surpuissance de l'équipement. C'est mal connaître les chaudières modernes ! En général, les chaudières THPE sont dimensionnées pour l'eau chaude sanitaire, et non pour le chauffage. Par ailleurs, elles ont d’une part des modulations de puissances confortables (de 1 à 10), et d’autre part, ces chaudières ont une meilleure performance dès lors qu'elles fonctionnent à basse puissance. Il n’y a donc aucun problème ni impact à changer sa chaudière avant ou après des travaux d’isolation.

Qu'en est-il du surcoût lié à ce surdimensionnement ?

Entre une chaudière 24 kW et une chaudière 12 ou 14 kW, le surcoût est relativement faible. Le kW de chauffage supplémentaire a un coût peu important. Ce qui est loin d'être le cas de la pompe à chaleur, alors qu'on n'évoque jamais ce problème de surdimensionnement avec une PAC ! Aujourd'hui, même si les PAC modernes ont aussi des modulations de puissance, l’Ademe préconise de dimensionner une PAC à peu près entre 70 et 120 % des besoins à température extérieure de base. Dès lors qu’on installe une PAC avant isolation, on réalise alors des dépenses importantes inutiles. Un équipement moins puissant et donc moins onéreux aurait pu être installé, le consommateur et l'Etat seraient tous les deux gagnants. Ce problème n'est que trop peu pointé du doigt.

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