Dans une lettre adressée à la *Première ministre, le 20 décembre 2023, la filière artisanale et ses partenaires, appellent à une révision « immédiate » de MaPrimeRénov’.

Le 20 décembre dernier, 36 partenaires, dont la Capeb, ont cosigné une lettre ouverte à l’attention de la Première ministre, Élisabeth Borne, afin que MaPrimeRénov’ soit révisée. Pour rappel, le dispositif a évolué en ce 1er janvier 2024. Il s’articule désormais autour de deux piliers : « rénovations d’ampleur » et « décarbonation ». Si la volonté de pousser le marché vers des rénovations plus « efficaces » est à saluer, la filière artisanale évoque des points d’inquiétude.

La Capeb explique notamment que la réforme de MPR pourrait être « préjudiciable à l’accélération des travaux de rénovation énergétique, aux particuliers et à l’activité des entreprises qui les réalisent ». Du côté des ménages, notamment les plus modestes, le reste à charge, encore trop important, pourrait freiner la dynamique souhaitée. Le syndicat propose ainsi la création d’un PGE vert ou encore de rendre possible des rénovations « en trois clics ». Les entreprises dites RGE sont, elles, de moins en moins nombreuses. Comment leur permettre d’accéder à ces marchés ? Dans la lettre adressée à Élisabeth Borne, les cosignataires appellent à la mise en œuvre d’un dispositif de Certificat de conformité – Rénovation Énergétique, spécialement adapté aux TPE, consistant en la réalisation d’un contrôle en fin de chantier pour les entreprises non RGE.

Concernant les offres globales, la Capeb rappelle le lancement de son outil « GME en trois clics » et souhaiter « une loi qui nous permette de ne pas être solidaires. L’artisan veut être indépendant, autonome et accéder à ses prix ».

S’agissant plus particulièrement de MaPrimeRénov’, les partenaires proposent la mise en place d’un parcours de travaux sur 3 à 5 ans, avec un système d’aides bonifiées au fur et à mesure de l’avancée du chantier. Ils estiment également nécessaire de ne pas imposer la mise en place d’un système de chauffage décarboné lorsque le logement dispose d’une chaudière THPE ou d’un équipement de chauffage hybride.

« Nous demandons à la Première ministre de laisser un délai comme sur les passoires thermiques », a souligné Jean-Christophe Repon. Les premiers mois de l’année doivent permettre de « trouver une solution de sortie de crise et d’activer le marché ».

Le président de la Capeb indique que « beaucoup de jeunes ou de moins jeunes tentent l’entrepreneuriat dans le bâtiment. On voit plutôt des opportunités d’avenir et de marché. Mais rien n’est fait pour libérer cette énergie ou pour maintenir l’emploi et les compétences. Nous avons la volonté de rendre le métier attractif et créateur de richesses en France ». Si l’année 2023 devrait s’inscrire en recul (– 1 %) pour l’artisanat du bâtiment, Jean-Christophe Repon se veut confiant. « Nous avons la possibilité d’inverser ce processus ». Un entrepreneur sur quatre déclare même vouloir embaucher en 2024, c’est dire la mobilisation du secteur sur ce marché porteur.

*Elisabeth Borne a présenté sa démission au Président de la République, le 8 janvier 2024. Gabriel Attal lui succède.