Le groupe suédois de solutions de chauffage et climatisation a publié des résultats annuels 2025 en amélioration, portés par la division pompes à chaleur. Les incertitudes politiques et tarifaires freinent toutefois les ambitions.

Le fabricant suédois Nibe Industrier a dévoilé le 12 février ses résultats annuels 2025, confirmant une reprise progressive après une année 2024 difficile. Le chiffre d'affaires du quatrième trimestre s'est établi à 1,045 milliard d'euros (11 000 millions de couronnes suédoises), en léger recul de 0,2 % par rapport au T4 2024. Toutefois, à taux de change constants, la croissance atteint 6,8 %, témoignant d'une dynamique organique positive malgré l'appréciation de la couronne suédoise qui a pesé sur les comptes pour 73,3 millions d'euros au trimestre.

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Le résultat opérationnel ajusté a progressé de 27 % sur le trimestre, passant à 136,6 millions d'euros (1 438 M SEK), portant la marge opérationnelle de 10,2 % à 13,1 %. Cette amélioration résulte principalement d'une croissance organique soutenue et d'un contrôle strict des coûts, selon Gerteric Lindquist, directeur général du groupe, dans le communiqué de presse annonçant les résultats.

Nibe Climate Solutions retrouve des couleurs

La division pompes à chaleur, qui représente le cœur de métier du groupe, a enregistré les meilleures performances avec une marge opérationnelle de 15,7 % au T4 et de 13 % sur l'ensemble de l'année, atteignant ainsi l'objectif fixé de 13-15 %. Le marché européen des pompes à chaleur montre des signes de reprise, notamment en Allemagne, Italie, Pays-Bas, Suède et Danemark.

Outre-Atlantique, la situation se complexifie. Le marché américain de la géothermie est resté stable au quatrième trimestre, mais la suppression des subventions fiscales pour l'installation de pompes à chaleur dans les habitations individuelles, effective depuis le 1er janvier 2026, interroge sur les perspectives à court terme. "Il est encore trop tôt pour évaluer les conséquences", tempère Gerteric Lindquist dans le même communiqué, qui indique que le groupe poursuit "son travail sur le développement du marché et des solutions de financement alternatives".

Divisions Element et Stoves en difficulté

La division Nibe Element, spécialisée dans les résistances électriques pour applications industrielles, affiche une marge opérationnelle de 7,9 % au T4, en amélioration mais toujours en deçà de l'objectif de 8-11 %. Sur l'année complète, la marge atteint 7 %, soit un écart de 10,7 millions d'euros (113 M SEK) par rapport à l'objectif. La division a bénéficié d'une demande soutenue dans les transports ferroviaires et le CVC, mais la faiblesse de la construction neuve résidentielle et du secteur automobile ont pesé sur les résultats.

La division poêles et cheminées Nibe Stoves enregistre les contre-performances les plus marquées, avec une marge opérationnelle de seulement 4,1 % sur l'année, loin des 10-13 % historiques, représentant un manque à gagner de 19,5 millions d'euros (205 M SEK). Le marché européen reste atone, même si les parts de marché du groupe progressent. Seul le marché américain affiche une tendance plus favorable, sans toutefois compenser la faiblesse européenne.

Tensions tarifaires et perspectives 2026

Au niveau groupe, le chiffre d'affaires 2025 s'élève à 3,88 milliards d'euros (40 841 M SEK), en progression de 5,3 % à taux constants. Le résultat opérationnel ajusté atteint 408,8 millions d'euros (4 303 M SEK). Le ratio dette nette/EBITDA s'améliore, passant de 3,5 en 2024 à 2,7 en 2025.

Les droits de douane imposés entre les États-Unis et le Canada, bien que gérés "de manière satisfaisante" selon la direction, ont néanmoins impacté les marges, notamment sur la division Stoves. La stratégie du groupe privilégiant une production régionale avec des fournisseurs locaux vise à réduire la vulnérabilité aux barrières commerciales.

Pour 2026, Gerteric Lindquist affiche un optimisme mesuré : "Notre ambition claire est la poursuite de la croissance organique et, naturellement, que les trois divisions se positionnent dans leurs fourchettes de marge historiques respectives." Il reconnaît toutefois que "les effets de la situation sécuritaire mondiale actuelle, l'évolution des taux de change et la volatilité des prix de l'énergie sont difficiles à évaluer".

Le groupe, qui compte sur sa large gamme de produits axés sur l'efficacité énergétique et la durabilité, estime être "bien positionné" pour accompagner la transition énergétique, malgré un environnement géopolitique et économique incertain.