Quand Régis Croguennoc, directeur technique chez Trecobat, et son équipe se lancent dans la construction de la villa E-roise à Brest, il commence par regarder quelles solutions ont déjà été mises en place sur les autres maisons du projet Comepos, programme visant à démocratiser la maison à  énergie positive. Plusieurs ont opté pour une VMC hygroréglable, mais l’équipement ne retient pas les faveurs du promoteur. « L’une de nos priorités était de pouvoir assurer une qualité de l’air intérieur aux occupants de la maison, confie Régis Croguennoc. Or, malheureusement, la simple-flux ne permet pas de garantir un air pur ». Le CEA (Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives) qui chapote Comepos, lui conseille alors de se rapprocher de Ventilairsec, et de son système de ventilation mécanique par insufflation.

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Concrètement, un caisson de ventilation prélève l’air extérieur en toiture ou en façade, le filtre, le préchauffe ou le rafraîchit grâce à un échangeur et l’insuffle dans les chambres et le salon. L’air circule ensuite grâce au détalonnage de chaque porte, et est évacué naturellement dans toutes les pièces techniques. « Nous avons tout de suite accroché, avoue le maître d’ouvrage. J’étais accompagné par de vrais scientifiques qui voulaient, comme moi, démontrer de l’efficacité de leur équipement ». Preuve en est, la batterie de mesures effectuées sur la maison pour évaluer l’efficacité de la VMI®.

Moins de CO2 sous la couette

Intéressons-nous dans un premier temps à ce qui se passe dans la chambre parentale, scientifiquement parlant. « C’est une pièce de la maison où la concentration de CO2, réel marqueur de la présence humaine, peut être très élevée, explique Clément Lafféter, ingénieur chez Ventilairsec, étant donné que nous y passons, et donc y respirons, plusieurs heures d’affilée ». Plusieurs mesures effectuées quand la VMI® est opérationnelle et quand elle ne l’est pas ont prouvé l’efficacité du système contre la concentration de CO2 (cf graphique - la ligne en rouge correspond à 1 000 ppm, soit la concentration maximale à ne pas dépasser selon l'ANS).

La théorie a également été vérifiée grâce au calcul de l’indice de confinement d’air intérieur (Icone), habituellement utilisé dans les ERP. L’Icone est constamment nul lorsque la VMI® fonctionne, alors qu’il est supérieur à 2 près de la moitié du temps (37 %) quand la VMI® est sur OFF. Autre donnée, moins exploitable pour les scientifiques mais tout aussi enrichissante pour Régis Croguennoc, le ressenti des occupants. « Les habitants nous ont confié avoir l’impression de respirer un air frais, sans odeur, allant même jusqu’à dire qu’il était pur ! » Et, vraisemblablement, un air peu humide.

Pas de buée sur le miroir

Passons donc dans la salle de douche parentale. Pour rappel, l’évacuation de l’air vicié est réalisée de manière passive dans les pièces humides. Pour vérifier l’efficacité d’évacuation de l’humidité de la VMI®, Clément Lafféter s’est basé les critères d’évaluation des systèmes hygroréglables lors de l’instruction des Avis Techniques, imposant au maximum 1 000 heures sur 232 jours durant lesquelles l’humidité excède 75 % dans la salle de bain. Les mesures effectuées dans la villa E-roise ont démontré qu’avec la VMI®, l’humidité dépassait 75 % moins de  557 heures sur 232 jours. . « Notre VMI, malgré un taux de renouvellement d’air plus faible que celui d’une VMC hygroréglable bien installée, permet d’évacuer efficacement l’humidité excessive de la salle de bains » résume Clément Laffeter.

Concentration de CO2 et humidité étant traitées, les ingénieurs de Ventilairsec ont également voulu prouver l’efficacité de la filtration de leur VMI®. La comparaison entre les mesures extérieures, proches de la prise d’air neuf du système, et dans le séjour, représentatives de ce que respire l’occupant, est une fois de plus sans équivoque : le rapport intérieur/extérieur de concentration de PM2,5 est quatre fois plus élevé quand la filtration de la VMI® n’est pas opérationnelle. Pour Clément Lafféter, "grâce à la VMI, c’est, chaque mois, une semaine de moins passée à respirer des concentrations de particules fines potentiellement problématiques."

Des calories dans le salon

Si la VMI® semble aligner les bonnes notes sur le traitement de l’air, elle a fini de convaincre Trecobat grâce à son rôle dans le confort thermique du logement, avantage souvent laissé à la VMC double-flux, solution pourtant non retenue par le maître d’ouvrage. « En plus d’être chère, la double-flux est surtout calibrée pour le tertiaire, explique Régis Croguennoc. Le diamètre du réseau de dissolution de l’air, deux fois plus gros, a un impact direct sur la hauteur des maisons. La double-flux est aussi plus énergivore. » Il faut dire que dans la villa E-roise, la VMI®, reliée à une PAC géothermique qui alimente également un plancher chauffant rafraîchissant, couvre 30 % des besoins en chauffage l’hiver grâce à une température de soufflage entre 25 et 30°C, et permet de prérafraîchir les chambres l’été, sans utiliser de climatisation.

Avec tous ces résultats probants, la VMI® serait en passe d’obtenir les félicitations du jury, ou au moins de Trecobat. « Nous avons commercialisé le système sur une bonne partie de nos ventes depuis deux ans, soit près de 120 logements » avoue le maître d’ouvrage. Les ingénieurs de Ventilairsec espèrent quant à eux affiner encore plus leurs résultats, en plaçant pourquoi pas de nouveaux capteurs de CO2 et autres COV dans différentes pièces de la maison, pour démontrer encore plus l’efficacité de leur VMI®.