Thierry Rieser, gérant du bureau d'études Enertech, a livré ses bonnes et mauvaises impressions sur la dernière mouture de la RE2020 présentée par Emmanuelle Wargon jeudi 18 février.

Après l'annonce du ministère de la Transition écologique d'un décalage de l'application de la RE2020 à janvier 2022 accompagné de quelques modifications, Thierry Rieser, gérant du bureau d'études Enertech, a listé les bons et mauvais points du texte final.

Une application trop tardive

La première critique est sur le report de l'entrée en vigueur de cette RE2020. " Le scénario le plus lent a été retenu. Je trouve cela dommage, vu que nombre de seuils sont progressifs pour ne pas brusquer la profession, on aurait pu lancer le mouvement plus vite. "

Autre ajustement de l'administration, un délai d'application du seuil de 4 kgCO2/m².an en maison individuelle a été accordé pour les permis de construire déjà établis de maisons inviduelles chauffées au gaz. Thierry Rieser ne semble ni pour ni contre cette mesure, et se dit " OK sur le principe " pour sortir le gaz du neuf. " Malgré cette exception accordée, l'exclusion du chauffage au gaz en maison individuelle reste violente pour la filière des chaudières gaz qui va se rabattre sur le marché de la rénovation. "

Laisser-passer pour l'hybride dans le collectif apprécié

En logement collectif, le ministère du Logement a fait le choix de maintenir une progressivité des seuils, avec tout de même un léger rehaussement pour atteindre 6,5 kgCO2/m².an en 2025. " Le but d'avoir ajouté 0,5 kgCO2/m².an au seuil est de faciliter le passage des PAC gaz ou autres solutions hybrides, ce qui est plutôt une bonne nouvelle " confie Thierry Rieser.

Ouverture dangereuse aux PAC air / air en maison

En revanche, si l'ingénieur salue le maintien du Bbio à - 30 %, il regrette que les seuils Cep et Cepnr n'aient pas été renforcés. " Nous restons avec la crainte que les climatiseurs réversibles (PAC air-air) passent facilement notamment en maison. Or ils ne peuvent fonctionner à basse température et posent donc les mêmes problèmes de puissance électrique hivernale que les radiateurs électriques. "

D'une manière générale, le gérant d'Enertech regrette que l'ambition initiale de E+C- ait été abandonnée, et déplore toujours " les tripatouillages " sur le coefficient d'énergie primaire abaissé de 2,58 à 2,3 " en dépit de la physique ", et le coefficient d'émission carbone du chauffage électrique réduit de 210 g/kW.h à 79 g, " faisant ainsi abstraction du problème de la pointe électrique hivernale très carbonée, et qui le sera encore plus demain."

Concernant le confort d'été, Thierry Rieser apprécie le nouvel indicateur en degré-heure, mais émet quelques réserves. " Le double seuil est un peu compliqué : on n'a pas le droit de dépasser 1250 DH et par ailleurs au-delà de 350 DH, il faut prendre en compte des pénalités forfaitaire. "

Contrôle de la ventilation très attendu

Enfin, l'ingénieur s'est montré enthousiaste quant au contrôle tiers systématique de la qualité et du bon fonctionnement de la ventilation à la réception. " C'est une très bonne nouvelle, ce sujet pourtant crucial était bien trop négligé en particulier en logement. "

Le gérant d'Enertech attend maintenant une prochaine étape guidée par le Plan Bâtiment Durable, l'élaboration d'un label RE2020, dont le bureau d'études a été concerté.

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