La construction de la résidence Le Sundeck de Saint-Malo, labellisée Énergie 3 Carbone 1 sur le référentiel E+C-, a débuté au moins de janvier 2018 et s’achèvera à la fin de l’année prochaine. Composée de cinq bâtiments de 95 logements – dont 24 sociaux –, elle sera chauffée par un module de cogénération gaz associé à deux chaudières.

La production de chaleur des futurs occupants sera assurée, en partie, par une cogénération gaz d’une puissance de 40 kW thermique. Sur la saison de chauffe, le module cogénération couvrira environ 40 % des besoins de chauffage et d’eau chaude sanitaire mais sera à l’arrêt durant toute la saison chaude – de mai à octobre –. « La cogénération nécessite un temps de mise en route et se doit de tourner durant un temps minimum. Cette contrainte technique n’est pas en adéquation avec les pics estivaux de demande d’ECS qui surviennent le matin et en soirée. De plus, ce nombre important de démarrage aurait également accéléré les opérations de maintenance », développe Thierry Chemin, chargé d’affaires au bureau d’études thermiques Enercia et pilote de l’aspect énergétique du projet.

24.jpgAu final, sur l’année entière, la cogénération couvrira 30 % des consommations de chauffage et d’ECS. Les 70 % restants seront couverts par deux chaudières à condensation

Gamme de cogé pas assez étoffée

En parallèle de la production de chaleur, la cogénération assurera également une production électrique de 20 kW. La production annuelle en kWh est estimée à 60 000 kWh/an. Et afin d’atteindre le seuil Énergie 3 du référentiel E+C- – qui préfigure la prochaine réglementation thermique –, 60 panneaux PV d’une puissance totale de 17 kWc seront également dispatchés sur deux des cinq bâtiments.

Cette combinaison mixte de production d’électricité par cogénération + PV était la solution la plus optimisée sur ce projet. « Une solution tout photovoltaïque aurait été impossible à mettre en œuvre avec le plan de toiture de la résidence qui manque de place car nous aurions dû disposer 500 m² de panneaux PV pour atteindre le niveau Énergie 3. Une chaudière biomasse a également été évoquée mais il aurait été compliqué d’approvisionner du combustible dans le centre-ville de Saint-Malo. Le couple cogénération + panneaux PV nécessite moins de contraintes techniques et est plus viable économiquement », résume Thierry Chemin.

Donc pas de niveau Énergie 3 sans photovoltaïque ? « Nous aurions pu nous passer totalement du photovoltaïque mais pour cela, il aurait été nécessaire de mettre une cogénération un peu plus puissante. Mais les gammes ne sont pas encore très étoffées et passer à une puissance supérieure implique de multiplier la puissance par deux. Ce qui aurait surdimensionné le projet. C’est pourquoi une plus petite cogénération et 100 m² de panneaux PV ont été plébiscités », explique Thierry Chemin.

Pas d’autoconsommation

La totalité des électrons produits sur le site seront injectés directement sur la colonne montante des logements et vendus au réseau Enedis. L’électricité issue de la cogénération sera intégralement vendue au réseau Enedis via la mise en place du contrat C16 à un tarif réglementé autour de 14 cts€/kWh en hiver. L’électricité solaire produite sera, elle aussi, vendue sur le réseau Enedis via la mise en place d’un tarif réglementé avec un contrat différent. « L’autoconsommation n’a pas été privilégiée car nous ne pouvions pas assurer le soutirage de l’ensemble de la puissance produite par les appareillages des communs (éclairage des parties communes des immeubles, ventilation du parking, etc.) ».

La peur des surchauffes en mi-saison

Le confort thermique des occupants sera assuré par des radiateurs à eau munis de robinets thermostatiques. La piste plancher chauffant a été écartée pour éviter les problèmes de surchauffe pendant l’intersaison. « Dans les logements collectifs, la combinaison de grandes baies vitrées et de la forte inertie du PCBT peut entraîner des problèmes de surchauffe en mi-saison car il est difficile d’anticiper les apports solaires », souligne Thierry Chemin.

Le renouvellement d’air des logements se fera grâce à cinq VMC simple flux hygroréglable de type B – une par bâtiment –. Et pourquoi pas une VMC double flux ? Antoine Gouarin, responsable technique chez Bati Armor qui a supervisé le projet, juge que « le système double flux est coûteux et entraîne, du fait du nombre de gaines, une perte de surface habitable et un niveau sonore très élevé dans les gaines de soufflage ».

FICHE TECHNIQUE

Sigle

Électricité, flamme, soleil

Ille-et-Vilaine (35)

Saint-Malo

CARTE DE FRANCE

Équipements

Cogénération gaz Viessmann avec une production électrique de 20 kW

Deux chaudières gaz à condensation Viessmann de 230 kW chacune

Radiateurs de marque Acova ou Finimetal munis de robinets thermostatiques

VMC simple flux hygroréglable de type B Aldes

60 panneaux photovoltaïques, soit environ 100 m²

Acteurs

Maître d'ouvrage : Bâti Armor

Architecte : A/LTA Architectes

BET : Enercia

Installateur : Climatech Ouest (CVC) et Emeraude Solaire (PV)

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Les bâtiments sont construits en béton banché de 20 cm avec une isolation par l'intérieur en polystyrène expansé de 14 cm d'épaisseur.

Au final, sur l’année entière, la cogénération couvrira 30 % des consommations de chauffage et d’ECS. Les 70 % restants seront couverts par deux chaudières à condensation.

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