L’Ademe a analysé près de 30 000 travaux de rénovation énergétique en maison individuelle menés en 2017. Conclusions : les Français dépensent de l’argent sans améliorer leur confort thermique et se passent souvent de professionnels.

  « Plus de 5  millions de maisons individuelles -  autrement dit 1/3 du parc total - ont  fait l’objet de travaux de rénovation  entre 2014 et 2016 et ont généré près de 60 milliards d’Euros de chiffres  d’affaires. Sur ce vivier considérable de logements, seulement 25% des rénovations ont permis de sauter au  une classe de DPE. Intégrer plus fortement la composante  énergétique dans les travaux  effectués, en commençant par les  prioriser et à les réaliser dans le bon  ordre, est donc le vrai challenge ». Le constat de l’Ademe est sans appel. L’objectif de La Loi sur la transition énergétique pour la croissance verte de rénover l’ensemble du parc de bâtiments au niveau bâtiment basse consommation d’ici 2050 apparaît dès lors comme une chimère. Dans la tête mais pas sur l’étiquette…   De plus il existe un vrai décalage entre la  réalité des rénovations et la perception des ménages : 27% des  ménages ayant réalisé des travaux  pendant la période étudiée estiment  que tous les travaux de maîtrise de  l’énergie ont été faits. Or, selon  l’enquête TREMI, seules 5% des rénovations réalisées ont eu un  impact énergétique important (saut de 2 classes énergétiques du DPE ou plus). C’est bien l’amélioration du confort (au sens large du terme) qui représente de loin la première motivation pour les ménages et l'aspect énergétique   Si 65 % des ménages réalisent des  bouquets de travaux, c’est-à-dire  qu’ils agissent sur au moins deux postes de travaux à la fois, la performance des  travaux effectués n’est pas au rendez-vous. 1/3 seulement des travaux sur les « toitures/combles » sont  performants et ce ratio tombe à 1/6  au niveau des postes « fenêtres /  ouvertures » et « murs ».   Les travaux touchant au chauffage n’arrivent qu’en quatrième position mais le bouquet « remplacement des ouvertures et changement du chauffage » est le préféré des Français. Le budget moyen concernant le poste chauffage est de 5000 euros.   La ventilation, parent pauvre   L’enquête permet également de mettre en évidence le fait que les Français n'associent toujours pas la ventilation à la qualité de l’air intérieur. « La ventilation est clairement le parent pauvre de la  rénovation énergétique alors qu’il s’agit d’un poste clef ayant un impact sur la santé des occupants », souligne l’Ademe.   Néanmoins l’étude met en avant un enseignement surprenant : près de la moitié des systèmes installés sont des double flux, système à priori plus difficile à installer sur un bâtiment existant. Do it yourself Autre point inquiétant souligné par l’étude : la moitié des équipements de ventilation ne sont pas installés par des professionnelles mais par le ménage ou son entourage…   Concernant le chauffage, cette proportion est également importante : plus d’un tiers des travaux sont réalisés sans professionnel… Un chiffre d'autant plus déconcertant que l’étude montre que les Français ayant fait appel à un installateur sont ravis. « Les ménages ont un ressenti positif concernant les professionnels œuvrant pour les ouvertures et les systèmes de chauffage et ECS, qui ressortent particulièrement pour le rôle de conseil et de gestion des travaux », explique l’Ademe.