Claude Freyd, directeur de l'innovation de BDR Thermea, donne à génie climatique magazine quelques bonnes raisons de mettre nos chaudières au H pur et ce que cela implique.

Y a-t-il de bonnes raisons de penser que l’avenir de la chaudière est dans le H ?

Tout d’abord l’hydrogène peut être totalement vert à partir du moment où on électrolyse de l’eau avec de l’électricité renouvelable. Au passage sa production permet ainsi d’éviter de déstabiliser les réseaux électriques lors des pics de production photovoltaïque et éoliens. Et pour finir le réseau gazier existant peut être transformé pour distribuer de l’hydrogène pur à des coûts relativement bas. C’est pourquoi nous croyons au fait que les chaudières vont se mettre à l’hydrogène.  

Les chaudières actuellement mises sur le marché sont-elles capables d’accueillir un % d’hydrogène ?

Il faut savoir que depuis longtemps les industriels testent leurs chaudières avec des gaz dit limites car pour tenir compte des fluctuations des caractéristiques du gaz distribué. Parmi ces gaz limites, il y a le G222 qui contient 23% d’hydrogène. Les équipements que nous mettons sur le marché sont d’ores et déjà compatibles avec un gaz contenant 20% d’hydrogène. Nous sommes dans un processus de certification pour l’ensemble de nos gammes pour l’utilisation de mélange gazeux contenant 20% d’hydrogène.

Si demain le gaz injecté est composé à 100 % d’hydrogène, ces chaudières ne pourront donc plus fonctionner. Il faudra les remplacer ?

Non, car nous développons un « kit de transformation » qui permettra en une heure de convertir une chaudière qui accepte 20% de H à un équipement fonctionnant à 100% à l’hydrogène. Cette solution offre une flexibilité indispensable car le passage à l’hydrogène pur ne se fera pas d’un seul coup.

Vous avez également développé une chaudière capable d’être alimentée à 100 % en hydrogène, a-t-elle des caractéristiques identiques à celles actuellement mises sur le marché ?

Nous proposons aujourd’hui un équipement de 28kW en double service et nous allons étendre la gamme demain. Elle présente un rendement identique à une chaudière à condensation « conventionnelle » et la combustion ne produit ni gaz carbonique de monoxyde de carbone. Nous testons actuellement cette chaudière aux Pays-Bas en conditions réelle et un autre exemplaire est en cours d’installation en France.

Mais sous le capot, l’équipement ne change pas ?

L’hydrogène pur a un pouvoir calorifique environ trois fois plus faible que le gaz naturel, ce qui impose d’augmenter le débit de gaz de manière corrélative. Il faut donc bruler plus d’hydrogène pour arriver à la même puissance. Par ailleurs, la température de la flamme et sa vélocité sont fort différentes. La détection de la flamme doit également être abordée différemment. Alors, forcément, pour s’adapter à tous ces nouvelles contraintes, sous le capot, nous avons dû innover.


Les installateurs vont-ils devoir s’adapter à l’hydrogène ?

L’installation sera identique, l’équipement aura la même dimension et le prix ne sera pas très différent. Donc pour les installateurs, mis à part un complément de qualification, la vie ne changera pas

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