Pour Cyril Boiron, responsable de la division chauffage au sein de Daikin, l'hybridation est un marché en pleine croissance qu'il ne faut pas laisser de côté.

Partagez-vous chez Daikin l'engouement et la défense de la pompe à chaleur hybride gaz que l'on peut voir depuis plusieurs mois ?

Nous faisons partie des entités avec GRDF qui souhaitons faire sortir de l'ombre cette technologie. Actuellement se vendent environ 4 000 unités par an. Nous sommes persuadés que le marché de la pompe à chaleur hybride gaz va croître. En revanche, on ne sait pas comment ni quand. Notre volonté chez Daikin est de rester un acteur important de la pompe à chaleur hybride gaz.

Promouvoir la pompe à chaleur hybride gaz n'est-il pas synonyme d'un désavoeu envers votre coeur de métier, la thermodynamique ?

En France, Daikin est surtout connu pour ses équipements de thermodynamique, mais nous fabriquons également des chaudières. L'intérêt pour notre groupe, qui réfléchit Europe et non seulement France, est de se positionner également sur les marchés italien et néerlendais de la pompe à chaleur hybride gaz, où les incitations gouvernementales pour la technologie sont plus marquées qu'en France. Je rappelle tout de même qu'en rénovation, la pompe à chaleur hybride gaz bénéficie des mêmes aides que la pompe à chaleur " tout électrique " au travers des dispositifs MaPrimeRénov et certificats d'économie d'énergie. Je suis convaincu que la solution doit être développée pour atteindre l'objectif européen de décarbonation.

Justement, selon vous, la pompe à chaleur hybride gaz peut-elle s'imposer plus facilement en rénovation ou dans le neuf ?

Dans le neuf, nous avions eu un long débat pour la RT2012, où l'hybride gaz réversible rentrait dans le moteur de calcul. Nous sommes encore un peu dans l’inconnue pour la RE2020. En revanche, c'est beaucoup plus clair en rénovation, où l'hybride gaz peut être une très bonne alternative aux vieilles chaudières. Aujourd'hui, en France, le gaz naturel reste accessible, il n'y a pas forcément intérêt à vouloir s'en séparer, mais on peut l'utiliser dans les meilleures conditions, avec une logique de régulation qui fera fonctionner la PAC ou la chaudière suivant le coût énergétique. La bivalence exclusive peut être intéressante quand il fait très froid est que le kWh gaz est moins cher que l'électrique.

Pensez-vous lancer de nouveaux modèles de PAC hybride gaz pour répondre aux attentes du marché ?

Nous disposons déjà de l'Altherma hybride gaz en 4kW au R32 avec liaison hydraulique, ainsi qu'en 5 et 8 kW au R410 avec une liaison frigorifique. Nous souhaitons désormais développer la gamme liaison hydraulique au R32, d’ici trois à quatre ans, sur des puissances de groupes extérieurs de 5 et 8 kW, qui correspondent selon nous aux besoins en rénovation, avec une chaudière à 28 ou 32 kW. La liaison hydraulique permet au plus grand nombre de chauffagistes de pouvoir poser l'équipement, sans avoir besoin de l'aptitude à la manipulation des fluides frigorigènes suivant la quantié de gaz dans l'appareil.

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