L'Ademe vient de livrer une étude sur l'utilisation des sytèmes de climatisation dans le résidentiel et dans le tertiaire, ainsi que leur impact sur l'environnement.

S'il y a un marché florissant ces dernières années, c'est bien celui de la climatisation. En 2020, on comptait plus de 800 000 pompes à chaleur air / air vendues, soit plus du double par rapport à 2018. Actuellement, un foyer sur quatre bénéficie d'un système de climatisation. Si le confort estival et en intersaison est donc assuré par ces équipements, ils n'en sont pas moins polluants.

La clim responsable de 5 % des émissions de CO2 du Bâtiment

Selon l'Ademe, la climatisation est aujourd’hui responsable de près de 5 % des émissions d’équivalent CO2 du secteur du bâtiment. C'est pourquoi l'institution vient de publier l'étude « La climatisation de confort dans les bâtiments résidentiels et tertiaires », afin de prendre en compte les impacts de ces équipements sur les consommations d’énergie et les émissions de gaz à effet de serre en réalisant un état des lieux à 2020.

1 maison sur 3 équipée

On apprend notamment qu'une maison sur trois est équipée de PAC air / air (31 %) contre un appartement sur cinq (20 %). Sans surprise, c'est d'ailleurs dans les régions les plus chaudes que l'on retrouve ces équipements. 47 % des foyers dans le Sud-Est et en Corse (zone H3) bénéficient d'une clim contre 11 % en Bretagne (H2a). De même, si on s'intéresse à la classe socio-professionnelle, 37 % des professions libérales, cadres et professions intellectuelles supérieures profitent d'une PAC air / air chez eux contre 19 % des ménages dont la personne de référence est sans emploi ou inactive.

Les deux-tiers des bureaux rafraîchis

Dans le tertiaire, si seulement 7 % des bâtiments d'enseignement sont climatisés, le taux monte à 64 % au sein des activités de bureaux. L'enquête révèle que les grands immeubles de bureaux sont systématiquement climatisés, fait plus rare pour les établissements de taille plus modeste. De même, la climatisation est systématiquement présente dans les centres commerciaux alors qu’elle sera plus ou moins développée dans les commerces de proximité en fonction notamment de leur localisation géographique.

Le climatiseur mobile, coloc tenace

Les technologies mises en œuvre sont très différentes selon le type d’habitat, les secteurs et les sous-secteurs d’activité. Dans le résidentiel, les climatiseurs mobiles seront plus souvent présents dans les appartements alors que les propriétaires de maisons individuelles privilégieront davantage les PAC réversibles. Dans le secteur tertiaire, les grands immeubles seront systématiquement équipés avec des chillers alimentant des boucles d’eau glacée, alors que les plus petits immeubles recourront majoritairement à des DRV. Les bâtiments des grandes surfaces commerciales utiliseront pour leur part majoritairement des Rooftops.

Et les différences entre ces équipements ne sont pas anodines, car leur consommation énergétique n'a pas le même impact sur l'environnement. L'Ademe note qu'en 2020, la consommation des climatiseurs du secteur résidentiel est évaluée à 4,9 TWh, dont 75 % est issue des maisons individuelles, et à 10,6 TWh pour le secteur tertiaire, dont les trois-quarts proviennent des bureaux et commerces.

Les fluides frigorigènes critiqués

L'institution précise d'ailleurs que les fluides frigorigènes présents dans les équipements contribuent encore plus fortement aux émissions de gaz à effet de serre. " Ces gaz frigorigènes ont globalement des pouvoirs réchauffants élevés et au final, les émissions de gaz à effet de serre relatifs aux fluides sont plus de 2 fois plus importantes que les émissions liées à la consommation d’électricité. " D'après le rapport, les gaz frigorigènes stockés dans les équipements de climatisation ont été évalués à près de 21 000 tonnes en 2020. " Le secteur tertiaire représente un peu plus de 60 % des quantités stockées, mais la forte progression de la climatisation dans le secteur résidentiel devrait inverser à terme les proportion. " L’étude a permis d’évaluer à 1 918 tonnes la quantité de gaz s’échappant annuellement des systèmes de climatisation.

Pour limiter au maximum l'impact de ces équipements sur l'environnement, l'Ademe semble croire en l'innovation. " Il est indéniable que l’évolution technologique peut apporter des réponses, tant par la mise sur le marché de nouveaux fluides plus respectueux de l’environnement que par l’accroissement de la performance des systèmes de climatisation " peut-on lire dans le rapport.

L'institution conseille également, si ce n'est de limiter le recours à la climatisation avec un ensemble de bons gestes (ventilation nocturne, protections solaires...), au moins de bien choisir son système de climatisation et d'en avoir un usage " sobre ", soit un refroidissement de 26 °C minimum, comme l'impose la réglementation. " Mettre en route la climatisation à partir de 30°C extérieur au lieu de 27°C permet de diminuer fortement la durée d’utilisation et de diviser par 3 la consommation énergétique " conclut le rapport. Reste à voir si ces conseils seront entendus lors du prochain pic caniculaire.

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