Christophe Teissier, président du groupe d’experts " Filtration et épuration pour la qualité d’air " chez Uniclima, s'est confié à Génie Climatique Magazine sur la pertinence des épurateurs d'air dans les bâtiments.

Comment expliquez-vous la hausse du marché des épurateurs, ou purificateurs, d'air ?

Depuis quelques années, le marché est florissant. Le grand public est plus soucieux de l'air qu'il respire. En Asie, et particulièrement en Chine, on trouve très facilement des purificateurs d'air dans les logements et les bureaux. La crise sanitaire que nous vivons a accéléré le phénomène, engendrant quelques risques. Toutes les références d'épurateur d'air ne se valent pas. Le marché est très juteux et certains s'inventent fabricants alors qu'ils ne sont que revendeurs d'appareils fabriqués en Chine. D'autres jouent sur les terminaisons pour enjoliver le produit.

En quoi Uniclima peut aider les professionnels face à cette offre pléthorique ?

Quand j’ai pris la présidence du comité sur la filtration et l'épuration pour la qualité d'air au sein d'Uniclima, nous étions en pleine crise sanitaire en décembre 2020. L’actualité nous a donc poussé collectivement à avoir une réflexion sur les épurateurs d’air, ou purificateurs d'air, afin de réaliser un état des lieux de ce qui existe sur le marché et donner une vision à 360 de la qualité de l'air intérieur obtenue par le biais de solutions liées à la purification d’air. Nous avons d'ailleurs publié en juin dernier le Combo QAI, pour guider les installateurs et exploitants afin de garantir un air le plus sain dans les bâtiments dont ils ont la gestion. C'est dans la même optique que nous allons publier cet automne un guide sur les épurateurs d'air.

Est-ce qu'un épurateur d'air suffit pour assurer une bonne qualité de l'air intérieur ?

Non, un purificateur d'air ne se suffit pas à lui-même, ce n'est pas une solution miracle. En revanche, c'est un produit intéressant en complément d’apport d’air neuf naturel ou mécanique. Les professionnels doivent recommander à leurs clients une solution globale, en démontrant les bienfaits d'un système de traitement de l'air, puis, en complément, l’épurateur. D'ailleurs, il existe beaucoup de technologies différentes, entre la filtration mécanique etl'ioniseur plasma. Il y a également des équipements qui bénéficient de plusieurs technologies à l'intérieur, avec filtre HEPA, filtre charbon et grille photocatalytique... Le tout est d'identifier les besoins des occupants en fonction du bâtiment et de faire le meilleur choix. Les épurateurs d'air doivent s’inscrire dans cette démarche QAI.

Comment réagissez-vous à l'encouragement du ministre de l'Éducation nationale pour installer des purificateurs d'air dans toutes les classes ?

Je ne peux être que satisfait des paroles de Jean-Michel Blanquer, après, elles se confrontent à la réalité du terrain. En combien de temps les mairies vont-elles s'emparer du dossier et investir pour équiper les écoles ? Et quel épurateur d'air choisir, entre celui dont le débit est à 2 500 m3/h et un autre qui culmine à 300 m3/h, ou encore entre 65 et 45 dB(A) ? En fonction de l'environnement et des contraintes du site, les choix ne seront pas les mêmes. L'utilisation des capteurs CO2 avec des purificateurs d'air peut être intéressante pour les établissements scolaires. Bref, il y a encore beaucoup à faire. D'autant que, la préconisation actuelle du gouvernement pour les charges virales s'en tient à dire " ouvrez les fenêtres plusieurs fois par jour ". Quand les températures extérieures vont baisser, ce ne sera pas tenable.

Un guide qui vous veut du bien

Uniclima doit publier en octobre un guide pour rappeler aux installateurs, exploitants et maîtres d'ouvrage les normes en vigueur pour les épurateurs d'air, à savoir la NF B44-200 (en date de 2016), pour la détermination des performances intrinsèques des épurateurs, et la NF 536, pour la certification des appareils. Ces normes permettent de garantir un niveau de performance et d’efficacité vérifié par organismes et laboratoires indépendants.

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