Selon une étude réalisée par Heero, entreprise spécialisée dans la rénovation énergétique, un logement sur deux en montagne est classé F ou G et donc bientôt interdit à la location. Certaines stations de ski comptent même jusqu'à 90 % de leurs logements comme étant des passoires thermiques.

La saison hivernale débute à peine en montagne et si l'arrivée de la neige est encore incertaine, le froid, et avec lui, les surconsommations énergétiques des logements en station de ski, semblent garantis. En témoigne une étude réalisée par Heero, entreprise spécialisée dans la rénovation énergétique, sur les performances énergétiques des habitations dans 70 stations françaises de sport d’hiver. Le résultat est édifiant : 48 %, soit quasiment un logement sur deux, ont un DPE de classe F ou G quand la moyenne nationale avoisine les 17 %.

Ne pas louer ou rénover, telle est la question

Les écarts sont cependant élevés selon les massifs et les stations. La part des logements énergivores va de 15 % à Bellefontaine dans le Jura, station la mieux notée du classement, à 90 % de logements considérés comme des passoires thermiques à Isola 2000 dans les Alpes du Sud. Pour Romain Villain, directeur général de Heero, ce résultat est à mettre en lien avec l'obligation réglementaire d'interdire la location des passoires thermiques classées G avec une consommation supérieure à 450 kWh/m² dès le 1er janvier 2023. « Jusqu’ici, les locations de tourisme n’étaient pas concernées mais le ministre du Logement, Olivier Klein, a annoncé il y a quelques semaines son intention que tous les logements de tourisme soient contraints par l’interdiction de louer. La moitié du parc de logements des stations de ski ne pourra donc plus être louée si rien n’est fait. »

450 € / m² pour gagner jusqu'à 2 classes de DPE

Le rapport pointe également la perte de rentabilité de ces stations de ski si le parc de logements n'est pas rénové, faute de moyens des propriétaires dont il s'agit le plus souvent de résidence secondaire. Les spécialistes de Heero, qui s’appuient sur une base de connaissance de plus de 150 000 travaux de rénovation énergétique, estiment à 450 € par m² le budget moyen d’une rénovation énergétique pour gagner une ou deux classes de DPE, en soumettant quelques exemples de devis : installation d’une VMC double flux : entre 4 000 € et 5 000 € ; isolation des murs par l’intérieur : entre 60 et 120 € / m² ; solation des murs par l’extérieur : entre 80 et 120 € / m².

Avec la publication de ce rapport, l'entreprise Heero espère " une prise de conscience des stations de ski pour qu’elles accompagnent les propriétaires dans la rénovation énergétique de leurs logements et une prise en compte des pouvoirs publics avec peut-être une adaptation de l’interdiction de louer des passoires thermiques aux zones géographiques, afin que la nouvelle contrainte ne concerne pas les stations de ski dans un premier temps par exemple. "

Rappelons qu'à partir du 1er janvier 2025, tous les logements classés G seront concernés par cette interdiction de location. Ce sera ensuite au tour des logements classés F de sortir du parc locatif dès le 1er janvier 2028, puis ceux classés E à partir du 1er janvier 2034.

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