Selon le onzième baromètre de l'Observatoire de l'immobilier durable (OID) et de l'Ademe, les bâtiments de bureaux ont consommé près de 9 % de moins d'énergie en un an, avec cependant une décarbonation de cette énergie au ralenti.

La frugalité énergétique serait-elle de mise dans les bureaux ? D'après les chiffres collectés par l'OID et l'Ademe pour réaliser la onzième édition du baromètre de la performance énergétique et environnementale des bâtiments, les consommations énergétiques semblent décroître ces dernières années dans les espaces de travail. En 2021, on enregistre une consommation moyenne annuelle de 146 kWhEF/m², ou 307 kWhEP/m²dans les bâtiments de bureaux, soit 8,5 % de moins que l'année précédente si l'on regarde l'énergie finale, - 9 % en énergie primaire.

Le Covid et le décret tertiaire, premiers responsables

Selon l'OID, cette baisse significative de consommation d'énergie s'explique par plusieurs phénomènes. " 2021 a été marquée par une incertitude constante quant aux levées de restrictions sanitaires et évolutions de la situation sanitaire liée à l’émergence de plusieurs variants du virus, détaille l'association. Or, cette incertitude a pesé sur les perspectives de reprise économique : une gestion prudente des consommations des immeubles a pu être mise en place par certains acteurs. " L'OID rappelle également qu'en 2021 aussi, la vie en entreprise a été marquée par un confinement au printemps. Les bureaux n'ont commencé qu'à être de nouveau remplis en septembre 2021.

L'organisme estime également que la concrétisation du Dispositif Eco-Energie Tertiaire a pu jouer un rôle. " Depuis plusieurs années, les acteurs se préparent à remonter des données de consommations, et 2021 constitue le premier jalon du calcul de trajectoire énergétique. Il est possible que ce cadre ait également influé sur les consommations, à la fois du côté des bailleurs, mais également du côté des preneurs. "

Une décarbonation peu marquée

Si cette baisse de la consommation peut être à saluer, elle n'est cependant pas accompagnée d'une réduction de l'impact carbone de ces consommations. " Le rythme de décarbonation reste décevant, estime l'OID. En moyenne - 2,2 % par an entre 2010 et 2021 tandis qu’il faudrait atteindre - 4,5 % pour respecter nos objectifs nationaux. " Pour opérer le passage à une étape plus significative, l'OID met en évidence notamment la décarbonation des réseaux de chaleur et de froid. " Verdir les réseaux est une condition sine qua non de l’atteinte de nos objectifs climatiques. Or, depuis 2010 la part des énergies re- nouvelables n’y a progressé que de 0,8 % par an, alors qu’elle devrait augmenter de 1,5 % pour respecter les trajectoires. Il est donc crucial qu’une stratégie de verdissement des réseaux coordonnée et transparente soit mise en œuvre rapidement, et que les bailleurs se mobilisent en ce sens. "

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