Enerplan
À l'issue des élections municipales de 2026, le syndicat des professionnels de l'énergie solaire publie un guide pratique destiné aux futures équipes municipales et intercommunales. Intitulé Solaire : dès 2026, un mandat d'action pour votre territoire, il décline six axes d'action concrets. Si le document couvre un spectre large, du photovoltaïque à la mobilité électrique, plusieurs de ses volets intéressent directement les professionnels du génie climatique.

 
 

 

Le contexte géopolitique crée des tensions durables sur les prix du diesel, de l'essence, du kérosène et du gaz, ce qui va amener l'ensemble des équipes municipales, même celles qui n'avaient pas prévu de faire de la transition énergétique dans leur programme, à devoir gérer les choses dès le début de leur mandat. C'est en tout cas le diagnostic que pose Richard Loyen, délégué général d'Enerplan, qui insiste sur un point : « La crise qu'on vit aujourd'hui, c'est une crise du pétrole et du gaz, pas une crise de l'électricité. Nucléaire et ENR tournent à plein, donc on n'a pas de souci sur les prix de l'électricité. »

Pour les collectivités, la réponse passe d'abord par un diagnostic énergétique de leur patrimoine bâti. Le guide préconise de prioriser les actions de rénovation énergétique globale sur les bâtiments à la fois les plus énergivores et à forts enjeux, comme les écoles. En réduisant les besoins de chauffage, celui-ci peut être assuré par du solaire thermique, tandis que le photovoltaïque intégré à chaque rénovation contribuera à l'autoconsommation collective. Autant de questions au coeur du guide que publie ce matin Enerplan, intitulé "Solaire : dès 2026, un mandat d'action pour votre territoire".

Les réseaux de chaleur au cœur du mandat

Le réseau de chaleur solaire occupe une place centrale dans les recommandations du guide. Le réseau de chaleur constitue le vecteur idéal pour alimenter de nombreux bâtiments publics, des logements ou des bureaux en chaleur décarbonée, tout en mobilisant des ressources produites localement. La production de chaleur solaire peut couvrir le talon de consommation estivale du réseau, et il est possible d'augmenter le taux de couverture solaire des besoins avec du stockage inter-saisonnier.

Richard Loyen souligne la temporalité propre de ces projets : « Un réseau de chaleur, ça se programme en début de mandat et on peut l'inaugurer à la fin. » Avec un mandat municipal qui durera sept ans (2026-2032), les conditions semblent réunies pour que les équipes les plus ambitieuses voient leurs projets aboutir.

En 2026, les plans locaux de chaleur et de froid devront être intégrés dans les Plans Climat-Air-Énergie Territoriaux des EPCI comprenant au moins une commune de plus de 45 000 habitants. C'est l'opportunité, à l'échelle de communes et de quartiers, de planifier la réduction des besoins et leur couverture par de la chaleur et du froid renouvelables, pour faire reculer la consommation d'énergie fossile.

Le solaire thermique change d'échelle

Au-delà du bâtimentaire, c'est sur les usages industriels et les réseaux de chaleur que le solaire thermique est appelé à jouer un rôle décisif. « Pour atteindre les 10 TWh en 2035 — objectif inscrit dans la PPE —, il faut que le solaire continue sur le bâtimentaire, mais c'est pas au niveau du bâtimentaire qu'on fera 10 térawattheures. Il y a plus de la moitié, c'est pour l'industrie et les réseaux de chaleur. » Une première centrale solaire thermique de 15 MW — la plus grande jamais construite en France — devrait bientôt sortir de terre à Herbignac, en Loire-Atlantique, pour alimenter une unité de production fromagère. Le projet illustre un modèle que les collectivités disposant de zones industrielles exposées au gaz pourraient dupliquer.

Le guide d'Enerplan est disponible en téléchargement sur enerplan.asso.fr. Le syndicat prévoit par ailleurs de recenser les politiques solaires locales vertueuses auprès de ses membres pour alimenter un retour d'expériences territorial.