Le 26 mai 2026, la filière française de la pompe à chaleur a formalisé à l'Élysée un engagement collectif inédit : produire un million d'unités par an d'ici 2030 et répondre pleinement à la demande nationale d'installation. Un pacte signé en présence d'Emmanuel Macron, qui s'inscrit dans le plan d'électrification des usages présenté par le Premier ministre en avril dernier.
Un million de pompes à chaleur produites en France
La filière, fédérée par l'Afpac et Uniclima, s'engage à produire un million de pompes à chaleur par an sur le sol français à horizon 2030 : PAC air/eau, PAC géothermiques et chauffe-eau thermodynamiques. L'engagement porte aussi sur la capacité d'installation, avec l'objectif de répondre pleinement à la demande française.
Le point de départ n'est pas nul. Les capacités de production nationale atteignent aujourd'hui 300 000 pompes à chaleur air/eau par an. La cible de 500 000 unités est jugée atteignable sous réserve de la finalisation des projets en cours. Significatif : aujourd'hui, une pompe à chaleur air/eau sur deux vendue en France est française. Atlantic, Saunier Duval et De Dietrich sont identifiés comme capables de couvrir l'intégralité de la demande, y compris dans un scénario d'électrification accéléré.
Un marché déjà en mouvement
Moins de 3 % des logements comptaient une pompe à chaleur en 2017. C'est plus de 10 % aujourd'hui, soit environ 4 millions d'équipements. La France figure parmi les marchés les plus dynamiques d'Europe dans ce segment, portée par MaPrimeRénov' et les certificats d'économie d'énergie.
L'argument économique est au coeur de la stratégie gouvernementale : par rapport au chauffage au gaz, les économies sur la facture énergétique peuvent atteindre 3 000 euros par an. Pour les ménages les plus modestes, le reste à charge d'une pompe à chaleur peut être comparable ou inférieur à celui d'une chaudière gaz.
L'offre clés en main, nouveau levier pour les installateurs
Le plan d'électrification d'avril 2026 introduit une mesure structurante pour la filière : l'offre clés en main. Son principe : une offre sur trois ans intégrant le prix de la pompe à chaleur, son installation, sa maintenance et l'électricité, avec une mensualité inférieure à la facture de gaz actuelle du ménage. Trois acteurs ont déjà signalé leur candidature à ce dispositif (EDF, Effy et Octopus Energy).
EDF engage parallèlement 30 millions d'euros supplémentaires pour permettre à 30 000 foyers modestes de bénéficier d'une aide de 1 000 euros à l'achat, en complément des aides publiques. Son plan global pour l'électrification passe ainsi de 240 à 270 millions d'euros. Octopus Energy annonce de son côté un investissement pouvant atteindre 150 millions d'euros pour construire une usine en France, dès que les volumes d'installation se matérialiseront.
Logement social, EHPAD, réseaux de chaleur
Le Mouvement HLM s'engage à planifier l'électrification d'un million de logements sociaux, dans le cadre d'un partenariat avec EDF. Combiné au développement des réseaux de chaleur urbains, cet engagement vise la décarbonation globale de deux millions de logements à l'échéance 2050.
Pour les Ehpad, Dalkia propose de prendre en charge l'étude préliminaire de géothermie de surface pour tout établissement qui le souhaite, ouvrant la voie à un chauffage et un rafraîchissement 100 % bas carbone.
Du côté des réseaux de chaleur, Idex s'engage à décarboner au moins à 80 % les réseaux qu'il opère, via des pompes à chaleur de type géothermie, thalassothermie, chaleur fatale et thermofrigopompe.
41 000 emplois et un effort de formation massif
Le pacte prévoit la création de 41 000 emplois dans les territoires d'ici à 2030, sur l'ensemble de la chaîne de valeur. L'enjeu de compétences est directement conditionné par la capacité d'installation. Le plan France 2030 consacre 280 millions d'euros à 38 projets de formation liés à l'électrification, dont les pompes à chaleur.
Raccordement : Enedis accélère
La montée en cadence des installations suppose une adaptation du réseau de distribution. Enedis s'engage à investir un milliard d'euros par an pour accompagner la conversion des logements vers la pompe à chaleur. Une évolution du cadre réglementaire permettra par ailleurs de prioriser les raccordements PAC et bornes de recharge, avec une réduction de 30 % des délais actuels annoncée.