La préparation budgétaire pour 2027 inquiète les élus locaux, qui défendent le Fonds Chaleur.

Plus d'une soixantaine de collectivités territoriales, réunies sous l'égide d'Amorce, ont adressé une lettre ouverte au Premier ministre Sébastien Lecornu pour exiger le maintien et le renforcement du Fonds Chaleur de l'Ademe. Le signal est clair : les élus locaux craignent que les arbitrages budgétaires en cours ne viennent fragiliser l'un des dispositifs publics les plus efficaces de la transition énergétique.

Le Fonds Chaleur finance le développement des réseaux de chaleur renouvelable sur l'ensemble du territoire. Résultat : plus d'un millier de réseaux alimentent aujourd'hui près de trois millions d'équivalents logements. Et les signataires rappellent un chiffre frappant : les projets soutenus en 2025 permettront à eux seuls d'éviter 2,6 milliards d'euros d'importations de gaz par an. L'enveloppe réclamée pour accompagner les projets en cours ou en préparation est chiffrée à 1,5 milliard d'euros.

Les collectivités ne contestent pas les travaux d'optimisation du fonds engagés avec la DGEC et l'Ademe, mais posent une ligne rouge : « Cette réflexion ne saurait conduire à réduire l'ambition nationale ni à fragiliser des projets déjà matures et attendus par les collectivités et les citoyens. »

Le texte s'inscrit aussi dans une mise en garde plus large contre une forme de déséquilibre dans la politique énergétique nationale : « Le plan d'électrification engagé par la France est nécessaire. Mais il ne peut se faire au détriment du développement de la chaleur renouvelable. » Les signataires revendiquent une logique de complémentarité entre les deux piliers, avec des moyens publics « cohérents et non concurrents ».

Enfin, sur le fond du risque politique, la lettre ne mâche pas ses mots : « Au moment où une mobilisation nationale est requise pour répondre aux défis énergétiques et climatiques, toute inflexion de cette dynamique serait incompréhensible et contre-productive. »