En 2025, le Fonds Chaleur a mobilisé 801 M€, intégralement engagés. Résultat : près de 1 200 installations soutenues, 643 km de réseaux de distribution financés et 3,5 TWh/an de chaleur renouvelable et de récupération supplémentaires. Ces nouvelles capacités couvrent l'équivalent de la consommation de chauffage de 200 000 logements et permettent d'éviter environ 777 000 tonnes de CO2/an.
Depuis sa création en 2009, le Fonds Chaleur a accompagné quelque 11 200 installations pour 5,9 Md€ d'aides publiques, générant près de 18 Md€ d'investissements privés. La production additionnelle cumulée atteint 52,5 TWh/an, soit l'équivalent de la consommation de chaleur de 5 millions de logements. En termes d'efficience budgétaire, le dispositif affiche un ratio de 51,5 € d'aide par tonne de CO2 évitée, ce qui en fait l'un des outils les plus compétitifs de la palette publique.
La biomasse toujours dominante, la géothermie en forte hausse
Dans le mix énergétique soutenu en 2025, la biomasse reste en tête avec 52 % de la production aidée, suivie par la géothermie (21 %), la récupération de chaleur fatale (18 %), la méthanisation (9 %) et le solaire thermique (0,5 %). Mais la tendance est à la diversification : les énergies renouvelables hors biomasse représentent désormais 48 % de la production soutenue en MWh, contre une part bien moindre les années précédentes.
La géothermie, en particulier, connaît une dynamique remarquable : plus de 300 projets aidés en 2025, soit 20,7 % de la production additionnelle soutenue. L'ADEME souligne que cette montée en puissance s'inscrit dans le plan d'actions national lancé en 2023 pour accélérer le déploiement de la filière, en surface comme en profondeur.
La file d'attente, angle mort du dispositif
Le tableau serait presque idyllique sans une donnée qui mérite attention : le portefeuille de projets en attente représente environ le double du budget annuel disponible. Autrement dit, pour chaque euro d'aide accordé, un euro de projet éligible reste sans financement. L'Etat a reconduit le budget à 800 millions d'euros pour 2026, et l'Ademe a révisé ses conditions d'éligibilité pour accompagner davantage de dossiers. Mais la pression reste forte.
C'est précisément ce point que la Fedene, dans son plan "urgence énergétique" publié au même moment, pointe comme un frein majeur à la transition thermique : elle réclame une enveloppe complémentaire d'urgence pour le Fonds Chaleur et la mise en place d'une trajectoire pluriannuelle pour donner aux opérateurs et aux collectivités la visibilité nécessaire à l'engagement de leurs projets.
2026 : cap maintenu, arbitrages à venir
Pour l'année en cours, l'Ademe entend poursuivre l'accélération de la géothermie, renforcer la diversification des approvisionnements en biomasse face aux tensions observées sur les plaquettes forestières dans certains territoires, et finaliser les modalités du fonds de garantie pour la chaleur fatale industrielle. L'appel à projets BCIAT 2026, ouvert depuis le 26 mars dans le cadre de France 2030, accepte les dossiers jusqu'au 17 juillet.
La PPE3, publiée en février dernier, fixe un objectif de 68 à 90 TWh de chaleur distribuée via les réseaux à horizon 2035, dont 80 % d'origine renouvelable et de récupération.