En France, tout se politise, jusqu'à la caricature. Dernier objet en date : la climatisation. Voici l'édito du prochain Génie Climatique Magazine.

La France aime la politique jusqu'à la caricature. Tout devient objet de polémique et de clivages : les cantines scolaires, la voiture, le vélo, l'arbre de Noël et maintenant… la clim. D'un côté, on jure que jamais, pas de ça chez nous, vous n'y pensez pas - position émanant souvent d'acteurs qui ne souffrent pas directement de la surchauffe à l'intérieur de logements dépassant les 45 °C, et ne sont pas mis en danger par ces vagues de chaleur. De l'autre, on lit l'avenir dans le R32, comme si climatiser tous les appartements de toutes les villes de France allait régler la question du changement climatique et faire oublier que même s'il fait 25 °C à l'intérieur, une ville à 45 °C pose des problèmes économiques, écologiques et sociaux majeurs.

Plus personne n'en doute, la climatisation va se développer. Espérons que ce soit plutôt sous forme de PAC air-air performantes que de climatiseurs mobiles, qui sont au refroidissement ce que le brasero est au chauffage collectif. Mais cela ne doit pas faire oublier d'autres solutions à l'échelle du bâtiment : la ventilation, les protections solaires, l'isolation, le rafraîchissement… Et tout ne doit pas porter sur le bâtiment. Une ville désartificialisée et végétalisée demeure indispensable.

Au milieu de cette année 2026, après déjà deux canicules dont une particulièrement éprouvante, notre dossier rappelle la vaste panoplie des réponses dont disposent les professionnels du génie climatique. Des puits canadiens aux brasseurs d'air en passant par les plafonds rafraîchissants et les PAC air-air, ils ont entre les mains des réponses de différents niveaux, souvent complémentaires, pour contribuer au confort d'été. Sans idéalisation, sans tabou et surtout sans passion excessive.